Potzina, dans son super blog, avait instauré une formidable tradition bloguistique, le ciné-club. Tous les mois, elle proposait un thème cinématographique et invitait tous les blogs qui le voulaient à choisir un film correspondant au thème et à le présenter sur son blog. A la fin du mois, Potzina proposait de découvrir l'ensemble de ces posts en publiant les liens sur son blog. C'était une formidable idée de partage et d'échange entre blogueurs, et ça m'a permis de me pencher sur plein de films intéressants et de rencontrer plein de chouettes bloggueurs.
Du coup, quand elle a annoncé que par manque de temps, elle ne pouvait plus le prendre en charge, on était plusieurs à se dire qu'on aimait trop ce concept pour le voir dépérir et qu'il était temps maintenant de relayer tous ensemble le formidable travail qu'elle avait commencé. Voici ce que l'on vous propose: poursuivre le Cinéclub de Potzina dans les mêmes principes, sauf qu'au lieu de laisser à Potzina le soin de s'occuper seule de proposer un thème et de regrouper les articles en fin de mois, on s'est dit que ce serait bien que ce soit un blogueur différent chaque mois, sur la base du volontariat.
Pour la première édition de ce nouveau format, nous avons décidé de faire un spécial été pour laisser à tout les bloggueurs la possibilité de profiter de leurs vacances et je me suis proposée d'essuyer les plâtres de la nouvelle formule. Si quelqu'un veut se proposer pour septembre, qu'il n'hésite d'ores et déjà pas à se manifester. Un groupe Facebook est en préparation pour permettre à tous ceux qui veulent participer de partager mais en attendant, cet été, vous pouvez me contacter ici en commentaires ou sur ma page Facebook: https://www.facebook.com/Girliecinephilie/?fref=ts
Le thème que je vous propose donc pour ce mois-ci me donne déjà l'eau à la bouche: "A table". Un film vous fait saliver, vous mets les papilles en feu, ou vous donne même une indigestion? Ecrivez un post sur ce film sur votre blog et venez le partager avec nous. Vous avez jusqu'au 28 août pour m'envoyer les liens vers votre article en commentaire sur cette page ou sur ma page Facebook. On a hâte de déguster vos chroniques!
12/07:On peut déjà vous dire quel blogueur proposera le Ciné-club de Potzina de Septembre. C'est The Movie Freak. N'hésitez pas à vous jeter sur son blog et sa page Facebook!
12/07:
Ayé! Le groupe Facebook du Cinéclub de Potzina est en ligne! N'hésitez pas à venir y participer! D'ailleurs, si quelques bonnes âmes acceptaient de se porter volontaires pour m'aider à l'administrer et le modérer, ça me ferait rudement plaisir!
J'ai ajouté sur la page un planning des Ciné club pour 2016, j'inscrirais les volontaires et leurs blogs au fur et à mesure des propositions. https://www.facebook.com/groups/1006847722767526/?fref=ts
Grâce à Cinétrafic, j'ai pu découvrir le film Free love, le film de Peter Sollet sorti en 2015, basé sur l'histoire réelle de Laurel Hester et Staci Andree.
Free love raconte donc l'histoire d'amour entre deux femmes, Laurel, inspecteur dans le New Jersey (Julianne Moore) et Staci, jeune mécanicienne (Ellen Page), dans les années 2000. Une jolie histoire de couple: elles se rencontrent, elles s'aiment, elle fondent un foyer lorsque Laurel achète une jolie maison et que Staci s'engage à la retaper. Une seule ombre au tableau: la police est encore sous l'influence du "Don't ask Don't tell" et Laurel doit cacher son homosexualité au boulot. Mais un jour, on découvre chez Laurel un cancer particulièrement avancé. Et lorsqu'elle apprend qu'à son décès, sa compagne ne pourra toucher une pension comme toutes les autres veuves de flics, malgré son état de plus en plus critique, elle décide de se battre pour obtenir l'égalité.
Je n'avais pas vu ce film en salles, même si la bande-annonce m'avait plutôt attirée: d'abord, un casting de rêve avec Julianne Moore, Ellen Page, Michael Shannon, Steve Carrel et Josh Charles. Ben ouais, ça fait un peu baver. Ensuite, le récit m'intéressait, ce combat qui a été primordial pour les droits LGBT aux Etats-Unis se devait d'être adapté à l'écran. Mais j'avais une réticence majeure: c'est un biopic, et c'est un genre (je l'ai dit plusieurs fois ici) avec lequel j'ai parfois du mal parce qu'il donne souvent lieu à des films d'une fadeur assez exceptionnelle.
J'ai donc pu me rattraper avec ce DVD, et je n'ai pas été extrêmement surprise, même si pour un biopic, il est assez réussi face à ce que j'ai pu voir ces dernières années.
Donc, effectivement, le casting est bien en or massif et je pense que c'est le grand atout de ce film, parce qu'avec des comédiens pareils, aussi investis (Ellen Page, notamment, qui avait grand foi en ce film, s'est complètement donnée), c'était quand même difficile de se planter complètement. Julianne Moore est, comme à son habitude, parfaite, mais bon, c'est Julianne Moore, on commence à être habitués: tout chez elle est à la fois naturel et millimétré, elle est comme toujours bouleversante parce qu'elle est juste. Point barre. Du coup, Ellen Page, face à elle, n'a pas non plus à rougir. Elle est terriblement touchante en as de la clé à molette en total amour et admiration de Laurel. Etant le personnage qui exprime le plus ses sentiments, c'est surtout par elle que nous allons recevoir le plus d'émotion, et elle s'acquitte de cette tache admirablement. Michael Shannon, en coéquipier de confiance, est un formidable personnage d'action et Josh Charles en est un bon contrepoint. Et puis Steve Carrel, ben pareil que Julianne Moore, c'est juste Steve Carrel. Son personnage d'avocat gay et juif militant est à la hauteur de sa démesure, qui amène de véritables bouffées d'air frais quand la lourdeur et la tristesse du récit se font trop sentir.
Quant au récit, oui, c'est plutôt un beau récit. Un récit nécessaire, qu'on peut considérer comme faisant partie de l'histoire contemporaine. C'est une belle leçon, de force et de courage. C'est aussi une très belle histoire d'amour, et c'est, je trouve? dans cette partie que le film fonctionne le mieux. Cette histoire d'amour, on y croit complètement, parce que c'est une histoire d'amour toute simple, toute quotidienne. C'est celle qu'on connait pour la vivre ou la voir autour de nous: on se rencontre, on se plait, on s'aime, on vit ensemble, on rit, on s'engueule. Ca tient à pas grand-chose, à quelques scènes qui nous font entrer dans l'intimité du couple: des blagues sur un chien, des bisous-prout dans le cou, des petits moments tendres qui transmettent toute la tendresse entre ces deux femmes. Et c'est là que le film est à mon sens le plus efficace, c'est dans ces moment que le couple Moore/Page touche le plus, qu'il prend sa plus belle dimension.
Mais il faut dire que finalement, cela reste quand même un biopic et que même s'il parvient parfaitement à émouvoir, le film pâtit des défauts souvent inhérents au genre du biopic. La réalisation est assez plate, on est parfois à la limite du téléfilm, et c'est bien dommage. Attention, je ne demande pas forcément des audaces incroyables, mais là, on est un peu trop souvent dans le cliché, notamment à cause de la présence over-dramatique de la musique d'Hans Zimmer (peu connu pour faire dans la dentelle) bien souvent très lourde. J'avoue ne pas du tout avoir aimé la lumière, qui a un côté plat et très télévisuel. Et malheureusement, tout ça a pas mal entamé mon empathie pour les personnages. Et c'est bien dommage, parce qu'à mon avis, cette histoire et ce scénario plutôt bons, ainsi que ces performances d'acteurs exceptionnelles méritaient mieux que ça.
Mais bon, finalement, c'était annoncé, c'était un biopic, y'avait des chances pour que cela tourne comme ça ("No hidden catch"), mais malheureusement, quelques jours après, je me rends compte que j'en garde finalement assez peu de souvenirs marquants ("No strings attached"). Je ne résiste donc pas au plaisir de vous renvoyer à la chanson de Depeche Mode qui porte le même titre et qui, si elle émeut moins, se retient finalement beaucoup mieux.
Le dvd
Edité par Bac films (qui a aussi une page Facebook), le DVD est sorti le 14 juin 2016.
N'ayant reçu qu'une copie de distributeur, je ne peux en évaluer la présentation et le packaging.
Pour le contenu, l'image est correcte, le son plutôt bon même si à mon goût et en chipotant un peu, la musique est peut être mixée un peu fort par rapport au reste de la bande-son.
En terme de bonus, c'est bien simple, il n'y en a pas. ce que je trouve quand même chiche pour un DVD vendu 19.90€.
Si vous aimez le cinéma sentimental, n'hésitez pas à consulter la liste de Cinétrafic sur le sujet.
Je tiens d'abord à m'excuser auprès de notre chère Potzina (allez voir son blog, vraiment!) pour avoir loupé tout plein de Ciné-club super tops, la faute à une organisation de la loose sur mon blog ces dernières semaines. In extremis, j'essaie de placer une mini-chronique sur le sujet de ce mois-ci qui est alléchant comme un banana split en bord de mer et qui m'a fait hésiter sur un nombre certain de très chouettes films: "Les aliens sont parmi nous"'.
Vous comprendrez que je me suis soudain sentie comme Valérie Damidot devant le nuancier 2016 de Dulux Valentine. J'étais parti sur du dur de dur, du Carpenter (entre nous, de The Thing au Village des damnés en passant par Invasion Los Angeles, y'avait le choix). Et puis je me suis dit que Carpenter était à la mode en ce moment, et qu'il n'avait pas trop besoin de moi. Je me suis alors tournée vers les comédies comme Paul ou Voisins du troisième type, et puis je me suis dit que j'avais chroniqué pas mal de grosses comédies ces derniers temps. Et puis, je me suis dit que c'était le bon moment pour revoir et peut-être réévaluer un film que j'avais vu à sa sortie il y a bien longtemps, à l'époque où j'étais dans une période chieuse snobinarde du genre "si tu passes pas à Cannes ou que t'es pas indépendant, tu m'intéresses même pas!". Un film que j'avais donc vu du bout des yeux alors, pleine de mon dédain crasse d'étudiante prout-prout, et qui méritait bien une deuxième chance à la lumière de ces quelques années de profond mûrissement, de réflexion et de sagesse. Bref, j'ai décidé de revoir The Faculty, de Robert Rodriguez, et c'était une sacrée bonne idée!
Le pitch, en gros, est le suivant: Les profs du Lycée sont des extra-terrestres! Ça commence comme ça: une entité extraterrestre prend peu à peu possession des corps de la population entière d'un lycée en commençant par le personnel enseignant. Mais c'est sans compter sur une équipe d'ados très différents mais tous pleins de ressources...
Franchement, mais que n'ai-je su apprécier à sa juste valeur ce très chouette film? D'abord, ne serait-ce que pour son casting de fous: Josh Harnett en glandeur de génie, Elijah Wood en adorable nerd, la trop rare Clea Duvall en rebelle outcast (what else?), Famke Janssen en prof coincée, Salma Hayek en infirmière sexy, Usher, Laura Harris... Franchement, ce cast réunit tout ce qu'il y avait de plus fresh et séduisant à la fin des années 90, ça sent bon le crop top et le nombril percé, No Doubt et Sugar Ray, le CK1 et le 501.
Ensuite, parce que j'avais largement sous-estimé l'humour et la portée du film. J'étais restée sur l'idée que c'était un énième film idiot sur des ados, avec un peu de fantastique et d'horreur dedans pour faire vendre du pop-corn. Grossière erreur! Croire cela, c'est croire que Buffy n'est que l'histoire d'une cheerleader qui tue des vampires, c'est croire que Code Quantum n'est que l'histoire d'un mec qui se retrouve coincé à faire des sauts dans le temps, c'est croire que X files n'est que l'histoire de deux agents du FBI qui traitent des affaires que personne d'autre ne veut (Merci M6, d'ailleurs, pendant que j'y suis).
Nan, The Faculty va bien au delà de ça. D'abord parce qu'il ne se prend pas trop au sérieux. N'oublions pas que c'est Roberto Rodriguez qui est derrière les manettes, rarement connu pour sa gravité et que c'est Kevin Williamson, qui avait réussi le tour de force de faire revenir l'horreur et le rire ensemble avec Scream. Il ne faut donc pas oublier que The Faculty est clairement une comédie et tout comme Scream avait été une sorte de détournement du film d'horreur, the Faculty est aussi un détournement et pas des moindres: celui des teen-movie. Clairement, The Faculty, c'est le Breakfast club rencontre le troisième type. Tous les personnages sont là: le sportif, la prom queen, le bad boy, le nerd, la fille zarb. Sauf qu'au lieu d'être réunis par une heure de colle et la révolte contre le monde des adultes qui ne les comprend pas, ceux-là se réunissent pas la force des choses et pour combattre l'envahisseur de l'espace. On joue avec les clichés du teen-movie sans vergogne, et c'est drôle et assez jouissif, notamment quand ça devient borderline (la drogue pour lutter contre les extraterrestres, la sexualité réprimée...)
Et puis c'est finalement pas si bête que ça. Et ça, je l'ai découvert l'an dernier avec le film de Charlie Lyne, Beyond Clueless, une excellente analyse des teen-movie, qui montre en quoi ce film est une "métaphore de l'expérience adolescente" très efficace. En effet, les thèmes de l'individu et du groupe sont très bien posés, à la fois par la dynamique de l'univers lycéen, avec ses différentes cliques plus ou moins populaires, mais aussi par l'invasion extra-terrestre qui travaille notamment beaucoup sur l'intégration à un grand tout, l'absorption de l'individu. Vraiment, je vous conseille à nouveau ce docu en marge de The Faculty: c'est brillant, et ça donne envie de revoir plein de teen-movie.
Enfin, en dehors du fait que ce soit plus fun et moins bête que ça en ait l'air, c'est quand même sacrément foutu. C'est rythmé, plutôt bien interprété, c'est justement équilibré entre comédie et fantastique, et j'ai été particulièrement impressionnée rétrospectivement par les effets spéciaux, notamment ceux de la créature dans l'eau: on a du mal à croire qu'ils datent de 1998.
Bref, si vous aussi vous avez fait la moue devant The Faculty il y a 17 ans, parce que c'était pour les gamins, donnez lui une seconde chance: on ne savoure jamais mieux les films pour les gamins que lorsque l'on en est plus un!
Grâce à Cinetrafic, j'ai une nouvelle fois eu la chance de découvrir une comédie de Gillian Greene, Qui a tué le chat? (à ne pas confondre avec le même titre de 1973, de Comencini), sorti le 27 mai 2016 en DVD par Metropolitan Filmexport.
Pour vous dire la vérité, après avoir vu la bande annonce de ce film, je m'attendais à une petite comédie américaine légère, à regarder un jour de fatigue. Et oui, moi, le soir quand je suis fatiguée et que j'ai du mal à suivre, je ne supporte que deux choses: les comédies, petites ou grosses, qui détendent les neurones et les zygomatiques, et les films d'action ou d'horreur pas trop complexes qui s'adresse plus à mes instincts primaires (voire primates) qu'à mon intellect d'homo sapiens sapiens un peu trop éprouvé. On a parfois tendance à l'oublier, surtout en ces périodes post-cannoises, mais le cinéma, ce n'est pas qu'un questionnement philosophique sur la vie, ce n'est pas que la folie des passions et une pensée mise en images. Parfois, le cinéma, c'est juste raconter une histoire pour le plaisir des spectateurs, et c'est aussi tout à fait louable. Et bien, avec Qui a tué le chat, j'ai eu cela, et même un peu plus.
Tout commence le jour où Clinton, jeune slacker en robe de chambre habitant chez sa maman (à qui on souhaite bien du courage), découvre avec horreur le cadavre de son chat (qui n'est autre que son meilleur ami) sur le macadam de sa banlieue résidentielle, le corps traversé d'une flèche. Envers et contre tous, il va mener l'enquête dans sa petite ville pour retrouver le vil assassin du félin, ce qui va l'entrainer dans une véritable aventure de roman noir, avec femme fatale, truands de supermarché et complots pavillonaires.
Alors voilà, cette petite comédie indépendante n'a d'autres prétention que celle à faire rire et à jouer du clin d'œil, mais je vais vous dire un truc: ça fonctionne plutôt pas mal. D'abord parce que le scénario est assez resserré sur une petite ville tranquille, ce qui permet à la fois de donner un cadre restreint à cette histoire tout en lui permettant beaucoup de fantaisie sur les personnages et les situations. C'est donc un film assez farfelu, assez léger, qui ne jouit pas d'un virtuosité de malade en terme de réalisation, mais reste tout à fait honnête et parvient à délivrer de façon agréable l'histoire rocambolesque de Clinton. Bref, ça pète pas plus haut que son pied de caméra, et ça fait le job avec sincérité et professionnalisme, moi ça me va tout à fait.
Le petit plus, c'est quand même le casting, parce que franchement, y'a rien à redire là-dessus. Dans le rôle principal de l'éternel ado en robe de chambre moins cool que le dude, le trop rare mais toujours délicieux Fran Kranz, que vous connaissez peut-être si comme moi vous êtes fan des séries de Joss Whedon et surtout de Dollhouse (il y interprète le génial Topher). Il est absolument parfait dans ce mélange de naïveté et de pédanterie, et parvient à être aussi attachant qu'insupportable. On retrouve aussi Greg Kinnear en patron de supermarché à moustache, qui comme d'habitude, assure en comédie, et J. K. Simmons, que ça fait sacrément du bien de ne pas voir traumatiser des musiciens et des spectateurs. Dans le rôle de la femme fatale Nikki Reed, une comédienne que je ne connaissais pas et qui assure bien le job de la belle nana qui fait tourner les têtes mais parvient à rester sympathique. Et surtout, dans le rôle du rival, une petite révélation, Leonardo Nam, qui est simplement parfait en miroir déformant du héros, et est aussi drôle que flippant, tout en dégageant un sex appeal assez indéniable.
Et puis il faut dire un truc: je me suis quand même beaucoup amusée. Parce que c'est un film très amusant. Il a cette originalité d'être construit comme un film noir (avec l'antihéros plongé dans une affaire qu'il n'a pas demandée, le complot auquel personne ne veut croire, le gang où le méchant n'est pas forcément celui que l'on croit, la femme fatale...) dans un décor tout pimpant (un peu comme Edward aux mains d'argent introduisait un film de la Hammer dans un décor de sitcom) et possède une loufoquerie très agréable. On apprécie les personnages, on rit un peu, et on passe plutôt un bon moment. Alors non, ce n'est pas un immense film, mais ça reste un film tout à fait honorable et séduisant.
Le DVD:
Je n'ai reçu qu'une copie de distribution, qui en correspond donc peut-être pas au DVD vendu actuellement. L'image et le son sont en tout cas de bonne qualité. Mais les bonus sont réduits au minimum, soit une bande-annonce du film, ce qui reste très léger.
Grâce à Cinetrafic, j'ai découvert un film d'horreur pas piqué des vers et qui envoie du petit bois: The Boy, une sorte de version flippante de Pinocchio, où l'on n'a pas du tout envie de jouer les fées bleues.
C'était une très jolie petite surprise. J'adore les films d'horreur qui jouent en premier lieu sur l'ambiance creepy, en particulier si cette ambiance a quelque chose d'assez suranné, qui rappelle les bons vieux films des années 60, la Hammer et les meilleurs épisodes de la quatrième dimension. Pour moi, un bon petit film d'horreur n'a ni besoin d'un gros budget, ni de tonnes d'hémoglobines, ni de faire sursauter toutes les 3 minutes à grands coups d'apparitions soudaines et de grincements de cordes. Un bon film d'horreur, ça peut être tout simplement un truc bien étrange, une histoire qui fait froid dans le dos, des choses qui ne sont ni ce qu'elles devraient être, ni à la place où elles le devraient, ce sont des voix confuses et des hallucinations qui jouent avec notre mémoire: la matière même des cauchemars. La peur ce n'est pas forcément la surprise, ça peut être aussi une sensation pernicieuse qui se distille petit à petit, comme dans les bons vieux classiques littéraires du genre, de Dracula au Tour d'écrou, de Mary Shelley à Lovecraft. Et c'est sur ce tableau qu'a intelligemment décidé de jouer The Boy.
The Boy, c'est donc avant tout l'histoire d'une jeune femme (bah oui!), Greta. Elle arrive en Angleterre pour être recrutée comme gouvernante chez les Hillshire, dans un manoir bien excentré et à la déco bien désuette. Les Hillshire ont l'air bien fatigué par leur fils Brahms, qui d'après leur dire est pour le moins turbulent. Sauf que les Hillshire sont un couple pour le moins vieillissant et que Brahms se trouve être... un pantin. Partagée entre l'envie de rire, l'inquiétude et le besoin de rester isolée (on apprendra rapidement que Greta fuit un stalker aux Etats-Unis), elle accepte finalement de s'occuper du bambin de bois pour laisser aux Hillshire le loisir de prendre quelques vacances...
Voilà. Je ne sais pas ce que vous en pensez, mais moi, rien qu'avec ce pitch, je sens le truc étrange et bien glauque pointer son nez. Le reste du scénario est dans l'ensemble dans la même veine, et la tension est bien tenue: l'horreur s'insinue peu à peu, transpirant à travers les fissures des murs du manoir, la sensation de malaise s'alourdit et on bascule progressivement dans une situation de plus en plus bizarre, de plus en plus malsaine. Personnellement, j'ai beaucoup aimé cette atmosphère de plus en plus pesante dans le récit, cette façon de passer d'une situation de base un peu creepy mais assez rigolote à une dimension beaucoup plus perturbante, mais en douceur, en la laissant s'insinuer en nous sans a-coup qui font crier, mais qui nous maintiennent dans une inquiétude et une étrangeté déstabilisante. J'ai simplement regretté une partie de la fin qui entre un peu trop dans l'action à mon goût, et le traitement d'un personnage (le love interest de Greta) qui aurait pu être à mon avis beaucoup plus nuancé.
D'autant plus que cette ambiance est soulignée par un travail visuel que j'ai trouvé très réussi. On sent que le budget du film pète pas le plafond ou la garde-robe de Macron, mais il y a un travail assez malin pour que ça donne bien le change: un cast réduit, un huis-clos intérieur qui permet de travailler sur une jolie lumière glauque (dans le sens chromatique comme dans le sens figuré), un choix qui se porte plus sur l'atmosphère et un certain classicisme que les effets spéciaux. Ce qui rend pour moi le film tout à fait honnête et honorable. J'apprécie beaucoup la photographie qui sait rendre le manoir poussiéreux et la morne lumière de la campagne britannique. Très joli travail aussi de décor et d'accessoire, notamment pour le fameux pantin dont j'aime beaucoup le design un peu désuet, et dont l'expression fonctionne pour tout, et aussi une affreuse croute qu'on voit dès le début du film, et qui participe de ce malaise créé entre l'envie de rire et la bizarrerie.
En ce qui concerne l'interprétation, rien de délirant mais rien de déshonorant non plus. Lauren Cohan, dans le rôle principal, ne réalise pas une performance incroyable, mais cela reste correct, même quand le rôle devient un peu plus complexe. Ce n'est pas le point fort du film, mais rien de bien grave.
Dans l'ensemble, je trouve que The Boy, sans être un film révolutionnaire, est un malin petit film, efficace et très atmosphérique, qui sait jouer de ses contraintes au mieux pour obtenir un résultat esthétique et disons-le, assez angoissant, ce qui dans ce genre se traduit plutôt par une réussite.
En ce qui concerne le blu ray, édité par Metropolitan Filmexport et sorti le 27 mai 2016, je ne peux juger que sur la copie de distribution que j'ai reçue: la qualité de l'image et du son sont corrects, il y a une version en audiodescription ce qui est toujours une bonne nouvelle. En revanche, on peut déplorer l'absence de bonus, si ce n'est la bande annonce du film. Pour moi, c'est le petit bémol.
C'est mon anniversaire. Je suis contente parce que je vais avoir des cadeaux, mais en même temps, je sais que je passe la barrière où définitivement, je suis plus proche de la quarantaine que de la trentaine. Bien évidemment, ça ne se voit ni sur mon visage effrontément juvénile ni dans mes choix cinématographiques, toujours dignes de l'ado un peu geek que j'ai toujours été. Mais quand même, je vois le monde changer autour de moi et il faut bien que je m'y adapte. Dans l'ensemble, je m'y fais plutôt, mais il y a une chose de mes jeunes années vingtenaires que je regrette parfois amèrement. Je me souviens d'un temps où tout était possible: tu sortais le mercredi soir, tu dansais, tu buvais, tu faisais de la musique jusqu'à très tard dans la nuit, tu rentrais aviné et en sueur, même au mois de décembre, et quand tu te relevais le lendemain, tu te mettais un coup de pied au derrière pour aller bosser ou étudier, et tout se passait bien. Mais ça c'était avant. Avant que sortir la semaine après 22h ne devienne trop difficile, avant que tu découvres la gueule de bois (la vraie, tu sais, pas juste celle qui te donne légèrement la gerbe au réveil, non, celle qui te donne une telle migraine que t'arrive pas à décoller tes paupières, qui font que tu regrettes d'avoir bu la veille, d'avoir bu ta première bière, d'être née, qui te zombifie complètement pendant 48 h, incapable de faire autre chose que des pâtes et du visionnage assidu de films et de séries pas trop compliqués, celle qui prend une semaine à s'estomper). C'était avant que tu arrêtes de sortir l'hiver parce qu'il fait trop froid, ou dans certains endroits parce qu'il y a trop de monde et que c'est plus rapide de prendre une bière dans frigo que d'essayer de rentrer dans le champ de vision d'un barman surbooké. Et surtout, c'était avant que tes potes se mettent à avoir des enfants et une carrière. Avant que les soirées de gueudins du samedi soir se finissent en petites repas "à la bonne franquette" en mode masterchef, qu'au lieu de gueuler "j'adore cette chanson" toutes les trois minutes pour te lever et buttshaker et headbanger, tu ne te mettes à t'exclamer "j'adore le basilic" toutes les trois minutes pour te pencher et reprendre du houmous sur la table du salon, qu'au lieu de se mettre en cercle pour monter un énième projet de scénario ahurissant en se faisant passer une cigarette qui fait rire, on ne se mette autour d'une table pour disserter des méthodes d'apprentissage de la lecture et des marchés bio en se faisant passer la théière de tisane. Pourtant, parfois, je me prends encore à rêver d'une folle nuit où on pourrait tous à nouveau faire n'importe quoi, sans peur du lendemain et des OGM, où on pourrait mettre du Outkast à fond et danser comme des bêtes, où on oublierait d'être adultes, responsables et intelligents et où on rugirait à nouveau "F...k you I won't do what you tell me" en secouant notre chevelure, même dégarnie. Et parfois, il arrive qu'à la faveur de la pleine lune ou d'une occasion particulièrement festive, les rêves se transforment en réalité.
Ce rêve formidable de lumières, de sueur et de biture, je ne suis pas la seule à le faire. C'est aussi le cas des deux personnages de la comédie Sisters, de Jason Moore, où 2 frangines que tout oppose (Tina Fey et Amy Poelher) apprennent que leurs parents vendent la maison où elles ont passé leur adolescence. Elles décident donc, à la veille de cette vente, d'organiser une dernière grosse fête avec leurs copains du lycée pour se remémorer le bon vieux temps et dire au revoir à leurs souvenirs de jeunesse.
Disons-le tout de suite: Sisters ne plaira pas à tout le monde (je vous invite d'ailleurs à lire ici pour vous faire une autre opinion). Et c'est vrai qu'il est loin d'être parfait:le scénario tient sur une antisèche, il va parfois très loin dans le pipi-caca-prout et au vu des deux excellentes comédiennes qui tiennent le film, il reste quand même mineur.
Mais vous savez quoi? Et bien j'ai tout de même passé un excellent moment avec ces deux frangines.D'abord parce que bon, même si le scénario est aussi mince qu'une instagrammeuse, il tient carrément la route: tout y est: l'exposition des personnages, leurs intentions, le conflit, la fausse victoire, le retournement du milieu, la catastrophe et la résolution. Ok, c'est super bateau comme structure (c'est même la structure de base à la Save the cat), mais ça fonctionne, donc je ne m'en plaindrais pas, même si j'avoue que la fin est un peut trop longue à mon goût.
Et puis bon, y'a surtout Tina Fey et Amy Poelher dont je suis assez fan. Elles avaient déjà
fait ensemble le film Baby Mama qui était un peu daubasse parce la construction du film était très bancale et qu' elles hésitaient toujours avant de plonger dans la bonne grosse comédie. Pas de ça ici. Rien de très inventif non plus, puisque les rôles des deux comédiennes sont assez caricaturaux, mais elle en font quelque chose d'intéressant. D'un côté, Tina Fey joue les quarantenaires instables, toujours en galère et mère un peu indigne. De l'autre, Amy Poelher joue la gentille fille toujours prête à s'occuper de tout le monde qui, le temps d'une soirée, veut pouvoir enfin lâcher prise. Et elle est absolument délicieuse. Amy Poelher sait toujours parfaitement jouer de sa maladresse et créer des personnages très attachants. Elle arrive à créer ce truc où quand on la voit, on a envie de rire et de dire "oooh!" en penchant la tête sur le côté, comme devant un enfant qui fait un lapsus lors de sa première récitation.
Ensuite, oui, ça va très loin dans l'humour gras. Et ben avec moi, l'humour gras, ça fonctionne bien, surtout quand il est accompagné de cette adorable maladresse polhesque. Faut dire que je suis le bon public pour ça: je fais partie de ces gens qui ont du mal à refréner un rire quand j'entends "caca-boudin", et qui adorent Will Ferrell. Sisters ferait d'ailleurs penser à un pendant féminin de Frangins malgré eux, qui est un de mes films préférés. Tous les deux parlent finalement d'un sujet assez similaire: une génération de trentenaires-quarantenaires incapables d'avoir la même vie que leur parents au même âge, leur insécurité ou financière ou affective, leur difficulté à imaginer un avenir à l'âge où leurs parents avaient le leur tout tracé. Parce que sous des dehors rigolards, Sisters parlent quand même d'une mère célibataire qui a du mal à garder un job et un toit et d'une femme qui se dévoue totalement aux autres et à son métier pour oublier sa solitude. Alors je sais que pour certains, l'humour un peu grossier ne passera pas, notamment une scène très graphique, douloureuse et d'une longueur volontairement excessive qui personnellement m'a beaucoup fait rire (avec ce petit soupçon de honte, quand même, qui fait toujours du bien). Je pense aussi que ce que certaines personnes peuvent accepter d'hommes comme Will Ferrell ou Mike Myers, l'acceptent parfois moins de femmes, d'autant plus quarantenaires, qui auraient donc une sorte de devoir de dignité lié à leur sexe et à leur âge. Moi, ça me passe bien au-dessus et je leur sais gré de pousser le bouchon au-delà du raisonnable et de la bienséance, ça me rassure et me donne envie de fêter mon anniversaire sans peur du ridicule, l'accueillant les bras flétris et ouverts.
Je dois ajouter aussi que le cast comporte quelques bonnes surprises: Diane Wiest en maman, John Leguizamo en ancien bad boy devenu gros beauf (mais caliente quand même, on parle de Leguizamo!), John Cena en dealer imperturbable, et surtout Maya Rudolph, comédienne qui joue souvent les seconds rôles et que j'apprécie beaucoup, qui joue ici la successful working mom qui rêve de prendre une revanche sur son éviction sociale de ses jeunes années, et qui est sûrement le personnage qui m'a fait le plus rire.
Et puis oui, j'avoue que ce film m'a quelque part un peu touchée, parce que oui, cette envie de tout envoyer balader et pour une soirée, faire comme si on avait 17 ans (et Rimbaud avait raison, on est pas sérieux quand on a 17 ans), je la comprends. Cette idée insupportable de ne pouvoir jamais connaître la vie de quarantenaires modèles qu'ont connu nos parents avec maison et jardin, enfant, travail et sécurité, ma génération et moi, on la connaît et que l'on rêve de revenir à l'époque où l'on croyait cet avenir assuré et qu'on pouvait tranquillement profiter de la vie en l'attendant, et ben je peux le comprendre.
Alors vous savez quoi? Je mets ma combinaison, je mets les bacs à glaçons et la menthe au congélo, et ce soir, on va fêter mes balais en les enlevant de là où je pense!
Après "famille, je t'aime", il est temps de dire, "famille, je t'aime bien, mais franchement, y'a des trucs chez toi dont je me serais bien passé"... Parce que bon, c'est bien gentil l'amour, la camaraderie fraternelle, la sécurité filiale, mais il faut pas oublier qu'on n'hérite pas forcément que de bonnes choses. T'as le nez bossu de ta grand-mère, les cheveux impeignables de ta tante, la brioche de ton oncle et le diabète de ton père, alors que ta frangine a hérité de la chevelure abondante et soyeuse de la grand-mère, du teint rayonnant de ta tante, de la santé de fer de ton oncle et des dents parfaitement alignées de ton père? Ben oui, on en a la preuve tous les jours en regardant les Corrs, les Fonda, les Leigh-Curtis ou, pour d'autres raisons, les Marx Brothers: la génétique est une grognasse au cœur de pierre.
Et ça n'est pas Men and chicken, le film complètement taré (au sens génétique du terme) de Anders Thomas Jensen, que j'ai eu la chance de découvrir en avant-première aux Hallucinations Collectives (où il a obtenu le prix du public) et qui sort cette semaine, qui va me contredire là-dessus: quand l'ADN a décidé de jouer avec les chromosomes d'une famille, ça peut être pour le meilleur comme pour le pire. Et bien évidemment, ce n'est pas le meilleur auquel s'intéresse le réalisateur danois du déjà très drôle et très grinçant Adam's Apple (déjà avec Mads Mikkelsen, que je vous conseille avec ferveur!).
Men and Chicken, c'est d'abord l'histoire de 2 frères, Elias et Gabriel. Elias (Mads Mikkelsen) est un gros bourrin à la fois étrange et insupportable, aux manières aussi délicates qu'une chanson de Manowar, qui a donc bien du mal à trouver une partenaire de copulation. Gabriel est lui plus réfléchi et sensible, mais pas moins seul. Autant dire que ces deux caractères opposés n'ont pas vraiment une relation paisible et douce. Et lorsqu'ils apprennent qu'ils ont été adoptés et que leur père biologique est un généticien reclus sur une île, ils décident d'aller à sa rencontre. Ils vont découvrir un trio de frères tout à fait particuliers et comprendre à quel point les chromosomes qu'ils partagent sont tordus.
Ce film a été un véritable coup de cœur! Ce film est tout simplement taré (dans le sens fou du terme, ici!), et Anders réussit là un coup de maître. On ne sait pas comment tout ça peut fonctionner, comment il parvient à tenir un équilibre alors que ça part dans tout les sens. Mais force est de constater, ça tient: sur des planches vermoulues, sur de la paille pourrie, sur un sol crotté, mais bon sang, ça tient. Ca foisonne de partout, c'est un bordel sans nom, mais c'est absolument jouissif. On pense à Kervern et Delepine, on pense à Affreux, sales et méchants, on pense à l'Ile du Docteur Moreau, on pense à Buster Keaton et aux Marx Brothers, et en même temps, c'est complètement différent. On a ici un film d'une originalité démente, à la fois drôle, cruel et tendre, qui a un potentiel de film culte énorme.
Déjà, il y a un scénario béton. Et vu comme tout part en sucette, laissez-moi vous dire que pour que ça tienne, il fallait bien des fondations mastoc. Et tout, même les moments les plus frappadingues, est réglé au cordeau, chaque détail sert, chaque élément de conversation sert. C'est découpé au scalpel, même si on a l'impression que c'est tailladé à coups de hache. C'est très très bien écrit, que ce soit l'histoire ou les personnages.
Les personnages d'ailleurs, parlons-en! Là encore, je ne sais pas comment ce film s'y prend, mais ils ont beau être complètement idiots, violents, égoïstes, sexistes, vulgaires, on les aime quand même. Y'a comme une boule de tendresse dans ces grosses brutasses que l'évolution darwinienne semble avoir oublié, comme un trop-plein d'amour dans les maraves à coups de poutres et d'animaux empaillés. En plus, ils sont servis par des comédiens qui prennent autant de plaisir à les incarner que nous à les voir évoluer. Cette famille là, on serait prêt à bouffer notre extrait de naissance pour ne pas en faire partie, mais elle est pourtant terriblement attachante, parce que même dans sa complète démence, dans sa monstrueuse anomalie, elle ressemble à la nôtre: elle a ses rivalités et ses secrets, ses ressemblances involontaires, ses effets d'attraction-répulsion, elle est le foyer et la prison, le rire et les larmes, le lieu où on se fait mal parce qu'on s'aime.
Ajoutez à cela une très belle photo de Sébastian Blenkov et des décors géniaux de Mia Stensgaard, qui permettent à l'histoire de se développer dans une atmosphère chaude et rance.
J'essaie de ne pas vous en dire trop, parce que ce film est une surprise de scène en scène, et que je ne voudrais pas vous la gâcher. Personnellement, j'ai passé une séance à écarquiller les yeux d'étonnement, à m'étouffer de rire à des moments où je ne m'y attendais pas et à regarder incrédule le reste de la salle dans le même état que moi. C'est un film à la fois choquant et attendrissant, délicieux et tonitruant, à ne pas rater!