pelloche

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lundi 9 février 2015

Discount: un chouette film, ça n'a pas de prix


Encouragée par Filou du chouette blog Baz'art, je suis allée voir le film Discount, qu'il avait chroniqué ici. On n'est souvent pas d'accord sur pas mal de films, mais c'est toujours un plaisir de lire ses articles, et là, j'avoue qu'il avait titillé ma curiosité, parce qu'une référence à Ken Loach, quand même, ça donne envie...

Et bien sur ce coup-là, je vais être complètement solidaire de mon camarade: j'ai beaucoup d'affection pour ce film qui, s'il a quelques défauts, est de ceux que l'on a envie d'aimer d'emblée, parce qu'il met en scène de beaux personnages, une belle histoire et de beaux sentiments. Oui, je sais, en ces temps de cynisme, ça fait "bisounours" de dire qu'on aime les beaux sentiments. Ben moi je m'en moque, je suis gnangnan, utopiste et bien pensante, et quand on me parle de solidarité, ça me fait du bien dans mon petit cœur mauve, voilà!



Alors voilà, Discount, c'est le nom du film, mais aussi celui du supermarché à tout petits prix qui mène la vie dure à ses employés, et même à sa dirigeante. L'arrivée imminente des caisses automatiques ne va rien arranger, menaçant l'emploi de ceux qui seront les plus lents, les plus retors, les moins productifs et les moins corporate... 5 d'entre eux, sentant le vent tourner et ayant de véritables besoins d'argent, décident de détourner de la marchandise pour monter leur épicerie solidaire...


Le film propose ici une critique virulente de la grande distribution, ses méthodes de management, ses gaspillages aujourd'hui remis en question, son usage éhonté de la détresse sociale des gens (employés ou clients). Dit comme ça, ça pourrait sembler manquer de nuance, mais Louis Julien Petit, ne verse pas complètement dans la facilité. Ainsi, le personnage de la directrice, interprété ici par Zabou Breitman, est loin d'être une caricature. On y découvre ici une femme coincée entre les exigences de son enseigne, son ambition et ses scrupules. On y découvre aussi que son quotidien n'est pas aussi rose que ses employés voudraient bien le croire: des heures de travail contraignantes, une vie de famille pas évidente (elle vit avec sa mère qui, décidée à la marier, invite des prétendants "à l'improviste"), des responsabilités élevées. Ici, la machine écrase tout le monde, à tous les échelons, et l'on serre les poings et les dents devant les méthodes qu'elle emploie (fouille au corps par la sécurité, chronométrages, javellisation des denrées jetées...) .


Les personnages, parlons-en. Il suffit d'une scène pour nous présenter les protagonistes et là, c'est fait, on les aime. C'est l'heure de fermeture du supermarché. Dehors, on allume sa clope et on se prépare à rentrer. Dans sa voiture, Christiane (la formidable Corinne Masiero), attend la jeune Emma (Sarah Suco, toute mimi). Elle se moque gentillement de cette dernière, qui essaie de persuader Gilles (Olivier Barthélémy), le beau taciturne, de le raccompagner. De son côté, Alfred (Pascal Demolon), est au téléphone avec son ex-femme et lui explique combien sa fille lui manque. Momo (M'Barek Belkouk, terriblement attachant), jeune immigré algérien, lui propose de lui remonter le moral en l'invitant à voir un match de foot. Ben voilà, ça a suffit à ce que les personnages soient posés, qu'on comprenne leurs relations et aussi à ce qu'on commence à les apprécier. Par la suite, on les voit organiser une petite fête: ils s'amusent, parlent sérieusement, se consolent. On voit la solidarité qui les lie, mais aussi leur rires, leurs jeux de séduction... Et là, pour moi, c'était bon, Louis Julien Petit m'avait dans la poche. Qu'est-ce que vous voulez, moi, des gens qui dansent sur Cambodia de Kim Wilde, je ne peux pas m'empêcher de les aimer.


Les acteurs sont tout simplement parfaits, Corinne Masiero en tête (de mûle), apportent une humanité touchante à chaque scène. Ils sont crédibles du début à la fin, qu'ils soient ou non professionnels. Je retiendrai notamment une scène entre Christiane et Gilles au coin du feu, d'une belle intimité, d'une vérité évidente, douce et drôle, un vrai bonheur de spectateur.



Et puis, il y a ce maître mot du film, la solidarité. elle est de tous les instants, et tient complètement le scénario. La solidarité des 5 protagonistes, souvent mise à mal par les évènements, mais aussi celle de toute une communauté qui se retrouve autour de cette épicerie. Et ici, ce n'est pas une valeur vaine. Le film a en effet pu se réaliser grâce à un financement participatif, et la vision de sa bande-annonce sur Allo ciné verse les bénéfices des revenus publicitaire aux restos du cœur. Comme quoi, je suis pas la seule aimer les bons sentiments, et ça donne chaud, par ces températures...

PS: Un grand merci à Philippe pour sa touchante solidarité, justement...


8 commentaires:

  1. Ahah!
    Pour une fois un film que j'ai déjà vu! (ça change un peu, je ne te dirai pas que tu me donnes envie de le voir ).
    Toutefois (^^), je suis bien d'accord avec toi (mince, ça marche pas finalement).
    J'ai beaucoup aimé ce film et j'aurais aimé que davantage de gens aille le voir. Je crois que je ne connais personne dans mon entourage proche l'ayant vu et c'est dommage. Merci pour le petit morceau musical, allez je me l'écoute une troisième fois pour la peine...

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    1. J'en étais sûre, toi aussi tu adores ce morceau... Je t'ajoute à la liste des gens que je peux m'empêcher d'aimer ;-)

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  2. Pascal Demolon <3 et Corinne Masiero <3 sont des arguments à eux seuls. Et une comédie qui dénonce une situation fait déjà la moitié du boulot. Dès que je le peux je le vois !

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    1. Demolon est très bon, mais Corinne Masiero est simplement magistrale. N'hésite pas: c'est plutôt une belle réussite, d'autant plus que c'est un premier long

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  3. Je l'ai loupé malheureusement mais ta critique m'incitera à le voir en dvd.

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    1. Il faudra attendre quelques mois, mais je pense que tu passeras un bon moment.

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  4. Réponses
    1. S'il passe encore près de chez toi, n'hésite pas

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