pelloche

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mardi 2 décembre 2014

La planète des (mignons petits) singes




Parce que la nature nous a fait pratiquement à leur image, j'adore les singes! J'adore aussi les œuvres sur les singes, que ce soit, bien évidemment, le roman formidable de Pierre Boulle, La Planète des singes, qui est un sommet de la Science Fiction (vous voyez, je me remets doucement d'Interstellar) ou ses nombreuses adaptations filmiques jusqu'à la version de Tim Burton (même la version Comédie musicale des Simpson). J'aime aussi l'incroyable roman Les Grands singes de Will Self basé sur le même principe de renversement des rôles.

Du coup, quand j'ai vu cet adorable tissu imprimé de petits singes violet, mon sang et mes gènes simiesques n'ont fait qu'un tour: il me le fallait!


 
Mais comme le motif était quand même hautement régressif, je me suis dit qu'il fallait jouer le contraste et j'ai décidé de confectionner avec le très chic chemisier à col rond et à manches à revers du livre Couture vintage, qui décidément, propose des modèles aussi craquants les uns que les autres.
L'avantage de ce modèle, c'est qu'il n'est pas trop gourmand en tissu, il me reste donc un peu de chute de ce joli coupon pour un accessoire, peut-être...
 
L'exécution n'a pas été trop difficile, sauf en ce qui concerne les fameuses manches à revers, qui demandent un vrai de triturage de crâne. Pour le reste, un vrai bonheur!
Comme je n'avais pas trouvé les boutons que je voulais pour ce chemisier, je me suis une nouvelle fois repliée sur ma solution de facilité préférée: des kams blancs! Et hop, pas de boutonnière!
Quelques petits trucs à corriger cependant pour la prochaine fois: la rallonger un peu, parce qu'elle est un peu courte, et qu'on voit mon ventre si je lève les bras trop haut (mais bon, le crop revient à la mode, il parait) et puis je rallongerait un tout petit peu le col, parce que là, il est trop serré pour moi au niveau du cou. Je triche donc en utilisant un foulard comme cravate (avant de me trouver une vraie cravate qui irait parfaitement avec) et finalement, comme ça, je trouve que cela donne encore plus de sérieux à ce chemisier...
 
 Il n'y a qu'en se rapprochant qu'on découvre que sous cette sagesse apparente, se cache une malice de singe...







vendredi 28 novembre 2014

Interstellar...interminable



Le titre est éloquent, du coup, je n'en rajouterai pas beaucoup plus, même s'il faut, bien évidemment, que j'argumente sur le sujet. Mais je vais essayer de faire vite, d'abord parce que ça m'enthousiasme plus de parler des films que j'aime, et que le film m'ayant déjà fait perdre quelques heures précieuses de ma vie, j'ai pas non plus envie de m'apesantir dessus.

Voilà, mon histoire avec Interstellar, c'est avant tout une histoire de déception, de GROSSE DECEPTION. Parce qu'au départ, tout commence bien. Le futur décrit est tout à fait cohérent: après des guerres dévastatrices, l'armée est dissolue et tout l'effort des Etats Unis va à l'agriculture, d'autant plus que la pollution et les catastrophes naturelles ne la rend pas aisée, et que l'humanité est en passe de crever de faim. Intéressant, comme point de départ. Les personnages qu'on voit commencer à s'installer sont aussi plutôt bien sentis, et on a envie de les suivre: Cooper, un ancien pilote qui, par la force des choses est devenu agriculteur, est un jour recruté par la Nasa qui s'était bien cachée (bon, là, déjà, premier problème, comment on fait pour cacher et financer encore la Nasa au pays de la théorie de la conspiration?) pour aller explorer de nouveaux mondes potentiellement habitables à travers un trou de ver récemment apparu. Il va devoir pour cela quitter sa famille, sans savoir quand il pourra la revoir, ni si le temps aura la même prise sur chacun d'eux. Une décision terriblement difficile, surtout concernant la petite Murphy (nommée ainsi en hommage à la loi selon laquelle tout ce qui peut arriver de mal finit fatalement par arriver), un véritable génie physique en rebellion avec la société plan-plan (quinquénal) dans laquelle ils vivent. La relation entre le père et la fille est vraiment très belle et la scène de séparation absolument déchirante. Du coup, on se dit, "Chouette, ça commence bien, l'histoire est posée, on a un univers intéressant, de beaux personnages avec un sacré objectif (sauver le monde, c'est quand même pas rien). En plus de ça, y'a du lourd au niveau du casting: Matthew Mac Conaughey, le toujours génial Michael Caine, Jessica Chastain, le trop rare Casey Affleck, Matt Dillon qui est ici exceptionnel et une apparition de formidable Ellen Burstyn. Tous les éléments sont réunis pour faire un très bon film de science fiction".



Sauf que non. Sauf que dès qu'on commence à partir dans l'espace ça se gâte, sauf qu'on veut tellement nous épater à coup d'images grandioses et de théories scientifiques (donc beaucoup sont fondées, y'a pas à dire, y'a du travail de recherche de la part des scénaristes) qu'on en oublie totalement les personnages et qu'au bout de 1h30 de film, on s'ennuie déjà. Et le film dure plus de 2h40...

Donc déception immense et ce pour plusieurs raisons:

- Anne Hathaway: désolée, c'est plus fort que moi, mais je peux pas, je n'arrive pas à voire autre chose qu'une actrice. Je la trouve mièvre et assez insupportable. Après, vu le manque de profondeur de son personnage, je peux pas non plus vraiment lui en vouloir.

- La lumière. Pour moi, c'est toujours le problème avec Nolan, cette image grisâtre, beigeâtre, verdâtre qui me fait penser à Derrick, ça me plombe. Après j'ai toujours envie de voir un Wong Kar Wai ou un Almodovar avec la satu couleur montée à fond (c'est mon côté heavy metal de la couleur)

- En tant que véritable amatrice de science fiction, je n'ai pas peur de la Hard SF, ce courant qui se base sur des théories scientifiques étayées et approfondies, quitte à être parfois didactique, parfois même obscur. Mais c'est très difficile de faire de la bonne Hard SF. D'abord, parce qu'il faut tenir le fil de la crédibilité scientifique jusqu'au bout. Et là, attention, spoiler, la fin où l'on découvre que la loi scientifique qui est supérieure à toutes les autres, c'est l'Amour, moi je suis désolée, mais ça me choque! C'est du niveau de la Scientologie: on prend de réelles théories scientifiques, on n'hésite pas à faire appel à la physique quantique, et on t'embrouille pour y faire rentrer une pensée, que dis-je, une MORALE New Age débile. Et ça, ça me met en rogne, vous imaginez pas comment, parce que quand on part d'un personnage qui est une sorte de héros de la science et de la méthode analytique et qu'on arrive à ça, c'est ou du sophisme, ou du pur et simple foutage de gueule. Et personnellement, ça ne me plait pas.

Ensuite, la caution scientifique, c'est bien, mais à aucun moment, elle ne doit se faire au mépris de la crédibilité du récit. Donc, c'est très bien de nous expliquer qu'il y a des perturbations temporelles lorsqu'on s'approche des trous noirs, mais moi, j'aimerai bien qu'on m'explique comment une nation qui crève la dalle parvient à créer une immense station orbitale... et comment fait Michael Caine pour ne pas prendre de ride supplémentaire en 30 ans.

- C'est long!!! et la moitié de l'action ne sert pas le récit.



Bref, vous l'aurez compris, je suis pas contente du tout et je pense que ces quelques secondes de DR Who valent mille fois les presque 3 heures d'Interstellar.



PS: Bon désolée, j'ai pas réussi à faire court, je dois être très énervée...


mercredi 26 novembre 2014

Retour en adolescence: la robe chemisier à fleurs


Sans être tatillonne sur mon âge, on va dire que je suis née dans les années 80. J'ai donc vécu une adolescence dans les années 90. On dit souvent que ce que l'on aime dans son adolescence va forger ses goûts en tant qu'adulte. En ce qui me concerne, c'est complètement vrai. C'est dans les années 90 que je suis tombée réellement dans le cinéma et que j'ai découvert les cinéastes que je suis toujours frénétiquement. C'est dans les années 90 que je suis aussi tombée dans la musique,  épluchant sans relâche les catalogues des CD de ma médiathèque (et ben oui, on téléchargeait pas à l'époque, mais vindiou ce que j'ai pu faire de mixtapes) et y commandant frénétiquement des pages entières de recommandations Rock and Folk.

Bref, je suis définitivement une fille des années 90, restée coincée dans cette décennie comme dans le film Detention.

A cette époque, on avait une idée assez arrêtée du style: c'était en avoir le moins possible. L'uniforme de base, c'était le 501, déchiré de préférence, et la paire de Doc Martens, la veste en jean ou la chemise bucheron. Et quand on voulait faire sa belle, on sortait, au choix, le kilt tartan ou la robe à fleurs. Bref, le must du cool c'était la nonchalance, la loose, le grunge quoi!


Celui de Winona Ryder dans Génération 90, où on est toutes tombées amoureuses d'Ethan Hawke:

Ou celui de Bridget Fonda dans Singles, par exemple (on parle pas de Matt Dillon, il y porte un cycliste, rendez-vous compte, un c.y.c.l.i.s.t.e.!)


Ou celui de Drew Barrimore qui était un peu l'icône du genre.




Depuis, j'ai laissé tombé le 501 et le rouge à lèvres marron foncé, mais les Docs sont toujours là, après plus de 18 ans de bons et loyaux services, quotidiens pendant pratiquement 10 ans. Les languettes foutent le camp, les semelles ont perdu l'antidérapant au talon, mais elles m'ont suivie sur tant de routes qu'il m'est tout simplement impossible de les abandonner. Et je continue régulièrement de porter des robes à fleurs avec. Je n'ai pas adopté le look nineties pour me conformer à la mode actuelle, je n'ai juste jamais arrêté de le porter (c'est l'avantage d'une mode, si tu la portes assez longtemps, elle arrêtera d'être ringarde pour redevenir "trop stylée").

Donc, dans un moment de nostalgie (chez moi nombreux, il est vrai), j'ai décidé de rajouter une petite robe chemisier liberty pour assortir à mes bien-aimés godillots et agrandir ma collec. La robe chemisier, c'est pour moi une valeur sûre depuis ces mêmes années 90. C'est pratique, féminin et casual, et ça marche aussi bien en été qu'en hiver.

Le modèle, je l'ai déniché sur un opus de la série japonaise "Secrets de couturière", Elégance et sobriété. Evidemment, comme toujours avec moi, pour la sobriété on repassera, mais pour l'élégance, on y est presque...

C'est un modèle très facile à faire, mais comme souvent avec les modèles japonais, quand on découvre sa taille avec ses mensurations, on a envie de pleurer, alors franchement, les Editions de Saxe, pas merci pour ce moment de déprime à chaque début de projet....

Le col et la parementure (mal repassés)

Bref, les explications sont plutôt claires dans l'ensemble, sauf au niveau des bords de manches pour lesquels, franchement, ils auraient pu faire un petit effort d'explication...

La boutonnière
Défi personnel de l'ouvrage: la boutonnière, et pas des moindres, puisqu'il n'y a pas moins de 9 boutons. Grosse peur au début, et puis je me suis rendu compte que ma machine faisait tout par magie, et du coup, ça a été très amusant. Le seul truc, c'est que dans l'idéal, j'aurais dû les faire un tout petit peu plus grandes pour qu'elles soient pratiques, mais je ne suis pas équipée du pied dans lequel on met directement le bouton, je suis obligée de mesurer.



Le tissu est un liberty dans les tons mauves de chez Les Coupons de St Pierre.

Ruban à la taille
Du coup, ma robe ressemble pas mal à ce que je voulais, une coupe un peu loose, qui peut se resserrer à l'envi avec un ruban ou une ceinture, du confort mi-mémère, mi-révolutionnaire.


Et pour la peine, je vous rajoute un petit clip de grunge de sous les fagots, histoire de nostalgier à mort.












mardi 25 novembre 2014

Le cadeau de non-anniversaire


En fait d'anniversaire, c'en est bien un, celui des un an du fabuleux blog All mad(e) here, l'impératrice du DIY, qui faisait gagner un cadeau à ses lecteurs pour l'occas...

Et devinez qui est sortie du chapeau, en jolies lettres toutes girlies????  Bibi!!!


Quelques jours plus tard, j'ai reçu un très joli petit paquet avec plein de petits cadeaux ravissants et créatifs:
- Un hérisson à coudre trop mignon
- Un coupon ortf (on voit que la demoiselle connait mes goûts: des écrans et du vintage)
- Des petites fermetures à glissière pour m'entraîner à la pose, et pour faire des petites trousses, sûrement...
- Un biais à pois bleu foncé, très très chouette
- Une petite carte adorable...



Je me laisse le temps de la réflexion pour savoir ce que je vais pouvoir faire avec toutes ces jolies choses, mais j'ai hâte de m'y mettre...

Encore merci au chat rayé un peu toqué d'All mad(e) here!

mardi 18 novembre 2014

Oldies but Goodies: L'Emprise du Crime

Ca faisait un petit moment que je n'avais pas parlé ici d'un vieux film, libre de droit, que vous pouvez éventuellement trouver sur la plateforme Internet Archive . Vraiment, encore une fois, je vous invite à visiter cette mine formidable de documents, qui fait un travail exceptionnel d'archive.


Aujourd'hui, on va donc parler d'un film noir. Ah, le film noir, avec des types qui appellent des jolies pépées "kid", des femmes fatales au yeux revolver, les impers et les rues pluvieuses, les clopes au coin de toutes les bouches et le flegme du héros quand il se retrouve dans de beaux draps, je dig, comme ils diraient.


Ce film noir, c'est L'emprise du crime, ou, dans sa version originale The Strange Love of Martha Ivers. Comme d'habitude, je ne comprends pas cette manie qu'avaient et qu'ont encore les traducteurs français de donner des titres de films qui n'ont pas grand chose à voir avec l'original, et qui en plus ne renseignent en aucun cas sur ce que l'on va voir.

L'histoire débute donc avec Martha Ivers, une jeune fille qui essaie d'échapper à sa tante richissime qui l'a recueillie après la mort de son père, un ouvrier. Elle fugue avec son ami Sam, un gamin des quartiers ouvriers, mais se fait vite rattraper. De retour chez sa tante, elle va subir le mépris de cette dernière sous les yeux du fils de son précepteur, Walter, du même âge qu'elle. Le triangle amoureux qui va soutenir tout le film est donc posé: Martha, Sam et Walter. Lors de la même soirée, dans des circonstances en partie accidentelles, Martha va tuer sa tante. Avec un formidable aplomb, elle accusera un mystérieux cambrioleur, et Walter, témoin de la scène et déjà amoureux de la farouche gamine, va appuyer sa version des faits. Cette même nuit, Sam va quitter la ville.

Des années plus tard, ce dernier (joué par Van Heflin) se retrouve par hasard dans la petite ville de son enfance: il y a eu un accident de voiture qui l'oblige à rester quelques jours sur place. Il y rencontre une jolie jeune femme au passé trouble, Toni Marachek (interprétée par une Lizabeth Scott pour le moins inspirée par Lauren Bacall). Et, pour la défendre, il va s'adresser à ce bon vieux Walter, dont il apprend qu'il est devenu procureur de la ville.



Walter est un jeune politicien mené à la baguette par sa femme, qui n'est autre, bien évidemment, que Martha. Fou amoureux de celle-ci qui ne le lui rend pas, et rongé par la culpabilité du crime qu'il a activement dissimulé, il a sombré dans l'alcool. Le couple se sent menacé par l'arrivée d'un homme qui pourraient en connaître un peu trop sur leur passé, et les retrouvailles entre Martha, parfaite femme fatale et Sam vont être explosives.



Alors, disons-le franchement, s'il ne fallait voir un film que pour une seule raison, c'est le duo de "villains" extraordinaire que campent Barbara Stanwyck dans le rôle de Martha et le tout jeune Kirk Douglas dans le rôle de Walter. Même s'ils n'apparaissent pas comme les protagonistes de l'histoire, aussi bien les personnages que les acteurs volent complètement la vedette au couple un peu fadasse Van Heflin / Lizabeth Scott. On sait à quel point Kirk Douglas était un acteur fabuleux. Mais là, dans le rôle de cet homme fuyant, condamné à aimer une femme qui ne l'a épousé que pour l'utiliser, il est étonnant. Il apporte tout le désespoir nécessaire à ses actions perfides et on ne peut s'empêcher d'avoir une compassion profonde pour ce personnage brisé. Quant à Barbara Stanwyck, que dire, Barbara Stanwyck, quoi! La femme fatale dont on a toujours rêvé: belle, manipulatrice, mais aussi perdue et amoureuse d'un fantôme du passé. Une femme qui a réussi à prendre sa revanche sur un passé social douloureux, mais toujours meurtrie de ses blessures d'enfance. Elle est tout simplement magnifique et on comprend pourquoi le titre du film est finalement centré sur elle.



Le scénario reste un petit film noir plutôt bien ficelé, même si le protagoniste, en bon anti-héros, se laisse un peu trop porté par les évènements. Mais tous les ingrédients sont là, un monde cruel, des jeux de manipulation, de la séduction, des coups de poings, de coups de Traf, de baisers fiévreux, un revolver dans un tiroir... On passe donc un très bon moment pour peu qu'on aime le genre.







mardi 4 novembre 2014

La combishort idéale



Bon, je suis un peu très très en retard pour vous montrer mes cousettes. du coup, je vais vous parler du projet couture qui a fait booguer mon été, sur un mode disco et boule à facettes.

Skylab


Quand j'ai vu le modèle Brigitte du livre désormais adoré Couture Vintage (dont j'avais déjà testé un short), je me suis dit, celle-ci, elle est pour moi!
Roller Boogie
Du coup, j'ai mis un bon vieux Donna Summer, et je me suis imaginée sur des rollers, en train de danser dans une jolie combishort comme dans les films seventies (ou inspirés).

Et puis, bien sûr, tout est bon pour se prendre pour une drôle de dame (et c'est pas un certain chat du Cheschire qui va me contredire...)
Et puis je me suis mise au travail avec un motif, et surtout une couleur ô combien 70's, qui me rappelait mes vacances au fin fond de la Haute Loire, la pêche à la friture et la caravane sur les galets. Un coton des Coupons de St Pierre vert pomme à pois! Quitte à oser porter une combishort, autant aller dans le délire à fond. 

La confection s'est faite plus simplement que je ne le pensais, car les étapes étaient plutôt bien expliquées, ce qui n'est malheureusement pas le cas de tous les modèles du bouquin. Mais là, cela s'est plutôt bien passé, et je suis même plutôt fière de moi sur quelques détails:

Le col, c'était mon premier col du type, avec pose d'un biais, et je trouve que ça rend plutôt pas mal pour une première (même si j'avoue que j'ai besoin de perfectionnement sur le maniement du fer à repasser...)




Du coup, le fer, il a quand même bien fallu l'utiliser pour former les plis en bas du short, juste en dessous des pinces!

















Enfin, la dernière difficulté, et pas des moindres, était de faire bien correspondre les pinces du haut et du bas, et ben , même ça, j'y suis arrivée. Tadaaam!



Comme d'hab, j'ai fait l'impasse sur les boutonnières et j'ai mis des kams, tellement plus faciles à gérer aussi bien pour la phase couture que pour la phase port au quotidien. (Simple parenthèse, en redécouvrant la combishort de mon enfance, j'ai aussi redécouvert une sensation oubliée, qui m'a rappelé pourquoi je n'en n'avais plus porté depuis: ben pour aller aux toilettes, c'est pas l'idéal...)


Du coup, ma combishort, elle a illuminé mes vacances cet été et je l'ai portée au Palais Idéal du facteur Cheval. Ce palais, c'est une petite merveille qui fait voyager, c'est le rêve  fou d'un homme devenu réalité à force de travail acharné et c'est absolument à voir, surtout en plein été. C'est un petit tour du monde sur quelques mètres carrés, d'une beauté et d'une humilité incroyables.





Elle m'a aussi accompagnée à Malte, et sa légèreté a été des plus agréables sous la chaleur écrasante que je viens
maintenant à bien regretter...

Maintenant, c'est avec un petit soupir de nostalgie que je la range, pour faire place aux vêtements d'automne-hiver, il fallait bien que ça arrive...









vendredi 24 octobre 2014

Bande puissante


Parce qu'une bonne claque, il vaut toujours mieux la prendre au cinéma, je me suis fait défoncé la tronche par le dernier film de Céline Sciamma, Bande de filles.

Alors, je vous préviens, je vais passer très vite sur le contenu sociologique du film, la banlieue, la violence, le patriarcat des grands frères, comment s'en sortir autrement, tout le côté zone interdite, réalisme social, etc d'abord parce que pour moi, ça n'a finalement pas eu beaucoup d'intérêt, je vous laisserai donc voir sur d'autres blogs sur le phénomène des bandes de nénettes, la rudesse de la banlieue, la légitimité de Céline Sciamma à faire ce film...



J'explique très rapidement pourquoi. La raison principale qui a fait que j'ai adoré ce film, c'est parce que, depuis un certain temps, je n'avais pas vu un film sur la banlieue en me disant: "Ca, c'est du cinéma". Peut-être depuis La Haine, en fait. Alors on peut se prendre le chou, comme ça a été le cas pour Kassovitz, à se demander en quoi une p'tite bourg de la Femis peut s'octroyer le droit de parler d'un monde qu'elle ne connait pas si bien, à s'interroger sur la représentation négative de la banlieue, à mettre vouloir à tout prix mettre le doigt sur un manque de réalisme (sans voir qu'on est dans une œuvre de fiction), et passer à côté du principal: des personnages, une histoire qui tient la route et une putain de réalisation. Parce que sérieusement, qui s'est un jour demandé si Faye Dunaway n'était pas trop belle et bien habillée pour être Bonnie? Si Trainspotting donnait une mauvaise image des Ecossais? Comment faisaient Thelma et Louise pour s'arrêter si peu dans des stations services? Vous êtes d'accord? On s'en fout. Mais comme le cinéma français a cette image de docu-fiction qui lui colle à la peau, on préfère un pensum réaliste filmé avec les pieds qu'un film qui ose la fiction et le cinéma. Voilà pour le petit coup de gueule pour les "jamais contents".

Parce que des raisons d'être contents, y'en a plein et des qui, pour moi, sont quand même primordiales dans un film:
- Une histoire tenue, avec un début, une transformation, des étapes, une conclusion (ça à l'air de rien comme ça, mais c'est moins fréquent qu'il n'y paraît en fait).
- Des personnages écrits, fouillés, complexes, servis par des acteurs (ici, surtout des actrices) assez incroyables.
- Une esthétique, des plans, un montage audacieux. Une vraie réalisation, quoi!

Et puis plein d'émotions, DONT l'humour, et pas de leçon (et vous avez vu, l'air de rien, j'ai construit un plan, dites donc!)

L'histoire

C'est celle de Merieme, une ado un peu coincée en banlieue. Ses résultats scolaires ne vont visiblement pas lui permettre d'en sortir, ni sa mère qui trime pas mal et est souvent absente, ni le grand frère qui a sa vision toute particulière de la protection, ni les petites sœurs dont il faut s'occuper, ni le regard des types du quartier. Alors, le jour où une bande de 3 autres filles lui propose une issue, et une nouvelle forme de liberté, elle fonce, même si ça veut dire exercer sur les autres la violence qu'elle a elle-même subie.



Le parcours de Merieme est très bien écrit. On part d'une toute jeune fille, fragile, renfermée, qui regarde sans cesse autour d'elle d'où des coups pourraient pleuvoir. Et on va la voir se transformer radicalement en entrant dans cette fameuse bande. Cette transformation, resserrée dans un seul plan (près de l'évier pour ceux qui l'on vu), est digne d'un film de super héros. Là se situe le basculement complet du personnage qui va aller vers une apogée à peu près au milieu du film (où elle a droit à une manette pour jouer à FIFA) pour s'effondrer tout de suite après. Puis on va assister à sa longue lutte pour découvrir ce qu'elle peut vraiment faire, où est sa voie. Ca vous rappelle rien? Et ben si, parce que cette histoire, vous l'avez vu 15000 fois au cinéma et c'est pas pour rien, parce que cette histoire, c'est un mythe. Parce que le cinéma a pratiquement été créé pour raconter cette histoire: c'est Rocky, c'est Pinocchio, c'est n'importe quel récit initiatique.

Et c'est très bien comme ça. Parce que pour que Merieme devienne véritablement la femme Merieme, il faut qu'elle passe de l'enfant de sa famille, à la Vic de Lady, puis au "bonhomme" de son boss, puis à  la femme de son homme. Parce qu'apprendre à trouver sa "voix", c'est d'abord écouter celle des autres, et parfois apprendre de la manière la plus dure que les autres aussi se trompent. Et c'est ça qui fait grandir. Parce que parfois, on n'apprend à savoir ce qu'on veut qu'en éliminant ce qu'on ne veut pas.


Les personnages


Ici, Céline Sciamma a une grande force: si elle ne juge pas ses personnages, elle ne leur cherche pas non plus des excuses. Autant, Merieme et ses copines sont touchantes dans leurs rapports entre elles, autant les voir s'attaquer à d'autres gamines qui ressemblent beaucoup à la Merieme du début ne met pas du tout à l'aise. Et il y a notamment une scène glaçante où cette dernière, intégrée à un groupe de mecs, participe à un harcèlement sexuel en règle sur une autre nénette, où on a carrément envie de la baffer.

Du coup, on se retrouve avec des personnages complexes, qui se définissent plus par leur volonté d'atteindre un but que par des traits de caractère précis. Tous dévoilent plusieurs facettes, adoptent des visages différents en famille, au travail, dans la rue, avec les potes. Quand rien n'est simple, on doit s'adapter.

Et les actrices relèvent le défi haut la main. Ce sont des non professionnelles, mais elles bouffent l'écran. On croit à tout ce qu'elles disent, à tout ce qu'elles font, à leurs rires, à leurs prises de tête, à leur colère, à leurs larmes. Elles se jettent complètement dans le récit, dans leurs personnages, Karidja Touré en tête, qui assume toutes les transformations de Merieme avec un aplomb incroyable.


La réalisation


Moi j'avoue que c'est là que j'ai pris une claque, mais alors, magistrale! Je suis prête à entendre tous les arguments que vous voudrez contre Céline Sciamma mais le premier qui me dit qu'elle ne sait pas se servir d'une caméra, je le provoque en duel!

Dès la première scène, j'ai été soufflée et au bord des larmes. Pourtant, à la base, le football américain, c'est pas vraiment ma came (je comprend même pas les règles). Mais là, on assiste à un véritable ballet, à des regards qui en disent déjà long sur la détermination des gamines, un éclairage irréel dans un stade vide. Et dans cette seule scène, toute la puissance du film est déjà là: la lourdeur de la carapace des joueuses, et la violence des affrontements, mais aussi la grâce du geste et la beauté du partage collectif.

Dans la scène suivante,on suit le groupe de jeunes filles, se faisant mutiques à l'entrée de la citée. Le groupe se disloque à la croisée des tours, dans la pénombre où guette des silhouettes masculines. cette scène pose abruptement le décor. Et là, deuxième claque dans ta face.

Et ça continue comme ça tout au long du film, des trouvailles, une audace frondeuse (des panneaux noirs assez longs qui créent de vraies ellipses, par exemple) et des scènes qui se surpassent en beauté et en lyrisme. Donc oui, évidemment, la scène sublime sur Rihanna, mais aussi la scène drôle et attendrissante du mini-golf, les scènes de baston, les scènes entre sœurs... Tout est d'une puissance émotionnelle à la fois formelle et narrative. On pardonne alors les quelques longueurs qui jalonnent le film ou la sur-utilisation de la musique et du ralenti. Parce que ça marche, et ce jusqu'au dernier plan, superbe: la caméra s'éloigne du visage de Merieme, mais Merieme, comme consciente de ce cadre qui lui échappe, y pénètre à nouveau, volontaire, son film à elle n'est pas fini.

Donc voilà, alors on pourra toujours dire que c'est trop stylisé, que c'est pas réaliste, que c'est fantasmé. Alors ok, ce n'est peut-être pas "vraiment"  la banlieue, mais s'il y un endroit où l'est sûr d'être, avec Céline Sciamma, c'est au cinéma!