pelloche

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vendredi 3 avril 2015

Spring, je l'aime ou mourir? (Hallucinations collectives)

Premier post suite à une séance des Hallucinations collectives (tu sais pas ce que c'est, vois ici). Oui, je sais, si j'étais une blogueuse ciné sérieuse, j'attendrai la sortie du film en salles pour vous ressortir cet article. Mais voyez-vous, chers amis, ce qu'il y a de formidable avec ce festival mais aussi de très triste pour ceux qui ne peuvent y assister, c'est qu'il n'hésite pas à nous faire découvrir des films aux circuits de distribution malaisés.



C'est le cas de ce film, Spring, de Justin Benson et Aaron Moorhead . Bien que les deux réalisateurs aient été sélectionnés par Variety comme parmi les 10 à suivre de très près, il n'a bénéficié que d'une distribution assez confidentielle aux Etats-Unis et n'a pour l'instant pas de distribution en France, que ce soit en salle ou sur support DVD. Pour moi, on n'est pas loin de la tragédie parce qu'un film pareil, au milieu des vessies qu'on essaie de nous faire prendre pour des lanternes, ça ferait un bien fou.



Vous l'aurez donc compris, j'ai adoré ce film romantique et fantastique. Du romantisme aux Hallus? Et bien oui, on peut aimer l'horreur et le fantastique et avoir un petit cœur tendre qui ne demande que des bisous à paillettes... Et là , laissez-moi vous dire qu'en termes d'histoire d'amour, ça faisait bien longtemps que je n'en avais pas vue d'aussi belle. Et le fait qu'elle se déploie dans cet univers bien particulier ne fait que la rendre encore plus forte.

L'histoire, c'est celle d'Evan, un jeune américain. Il a quitté ses études pour s'occuper de sa mère qui a un cancer. Le soir de son enterrement, il se bat violemment avec un client du bar dans lequel il travaille et décide de prendre son sac à dos pour rejoindre l'Italie. Il passe par Rome puis arrive dans une petite ville balnéaire splendide. Il y rencontre LA femme. Mais LA femme cache un secret très troublant...



Le film commence avec une scène qui touche tout de suite au cœur, celle de la mort de la mère d'Evan. Dès cette scène, on sait qu'on va passer un bon moment, parce que tout est déjà là. Une lumière et un cadre très maîtrisée, une caméra à la fois intime et fuyante, une réalisation déjà impressionnante dans cet espace confiné et étouffant. Le ton est donné aussi, on est tout de suite plongé dans une émotion intense, juste, qui ne se départ pas pour autant d'un humour qui restera constant tout au long du film. Des dialogues sont à la fois justes et originaux, drôles et poignants. Et puis, en quelques secondes de présence dans le cadre, on découvre que un héros qu'on va avoir envie de suivre, parfaitement interprété par Lou Taylor Pucci : un jeune homme tout en douceur et colère rentrée contre l'injustice qui le frappe, intelligent et lucide et d'une beauté incroyable. Ce mec attire à lui la caméra et on n'a plus envie de le lâcher.

Mais tout va s'intensifier quand il va nous embarquer en Italie. Aaron Moorhead, qui est également chef op, sait particulièrement bien filmer les lieux splendides de l'action: les plantations d'oliviers survolés par des drones, la mer qui vient s'échouer dans une crique, un village perché aux petites rues tortueuses, un horizon qui s'étend lors d'un voyage en voiture. Et puis, surtout, il y a cette scène, la scène qui m'a fait tomber amoureuse de ce film, la scène qui manquait aux histoires d'amour de cette dernière décennie, la scène qui a fait fondre mon petit cœur de midinette: la scène de rencontre la plus belle que j'ai vue depuis très très longtemps.

Une caméra presque flottante suit Evan dans la jolie petite ville bolognaise où il vient d'entrer. Avec lui, elle parcourt du regard la petite place ensoleillée, les rues qui en partent plongées dans la pénombre, le tout au ralenti. Quand apparaît, comme par magie (je mettrai ma main à couper qu'elle n'était pas là avant dans le plan), une splendide  jeune femme assise au bord de la fontaine de la place. Elle se lève, échange un regard et un sourire avec Evan, qui se retourne. Et voilà: tout est là. Le vrai coup de foudre dans tout ce qu'il a de magique, de fantastique et d'un peu effrayant.

L'histoire d'amour est magnifique, très bien écrite, et la partie fantastique est très bien tenue: malgré le petit budget, les maquillages et les effets spéciaux sont formidables, et l'atmosphère à la fois étrange et intime du film fonctionne à merveille. Notamment grâce à la mise en scène, qui sait dénicher dans la nature italienne des éléments étranges et inquiétants, nous rappelant que la terre elle-même sait engendrer la monstruosité et la fascination sans avoir recours à de quelconques pratiques occultes...



Et puis il y a ce merveilleux couple. Parce que oui, Lou Taylor Pucci est un excellent acteur, et beau et attendrissant. Mais que dire alors de Nadia Hilker, qui est à la fois crédible en bombasse et en scientifique, qui a une voix un peu rauque à faire chavirer tous les adorateurs de Claudia Cardinal, qui sait porter à la fois mystère et vulnérabilité, force et humour?... Si cette nénette là ne devient pas une immense star, je ne comprends pas, c'est qu'il y a quelque chose de pourri au royaume d'Hollywood. Bref, ce couple est magique, on tombe fou amoureux d'eux et de leur histoire vieille comme le monde en quelques secondes et en ce qui me concerne, j'ai toujours pas décroché.



Ce film est donc pour moi une immense réussite, et je comprends qu'on lui ait remis plusieurs prix et qu'il ait eu plutôt de bons chiffres d'entrée, malgré leur petit circuit de distribution aux Etats Unis. Mais j'avoue qu'encore une fois, ça me mine un peu de voir qu'il n'est même pas distribué par nos contrées alors qu'il a été tourné en Europe et qu'il mérite amplement le détour.

Spring vaut largement qu'on s'intéresse à lui et je suis très déçue de ne pas pouvoir vous encourager à le découvrir en salle ou sur DVD. Mais si vous avez la possibilité d'y accéder, d'une manière ou d'une autre, n'hésitez pas, on ne doit jamais passer à côté d'une belle histoire d'amour...







lundi 23 mars 2015

Les hallucinations collectives, ma dose annuelle

Bientôt Pâques. Et moi, quand arrive Pâques, je me sens tout chose. Ca n'a pas seulement à voir avec le meilleur antidépresseur du monde (tu m'as compris: noir ou au lait, en tablette, en cocotte, en œuf ou en lapin...), ça a aussi à voir avec le psychotrope le plus légal et le plus puissant qu'on peut trouver à Lyon, pour peu qu'on aime le cinéma de genre: le festival des Hallucinations collectives.

Si tu me suis un petit peu, tu sais que l'an dernier, j'y ai bien trippé et que j'y ai surtout découvert ce qui est devenu mon film favori de 2014, l'overfun Goal of the Dead. Alors là, oui, je trépigne d'impatience, d'autant plus que le programme de cette année, sur le thème d'une nouvelle humanité, est alléchant comme un dessert de finale de Top Chef. On debriefe ça tout de suite...

Avant, un petit rappel sur les Hallucinations Collectives. C'est le festival du film barré, le festival du film de genre, le festival du film zarbi, le festival du film qui tache, le festival des séries A à Z, le festival de tous ceux qui aiment l'horreur, le fantastique, le kung fu, l'érotique, le qui gratte et qui pique... Tous les ans, c'est une tuerie, une ambiance de dingue, des découvertes incroyables. Parce que les films qu'on y voit ne bénéficient pas toujours d'une diffusion aux petits oignons, et que c'est simplement un privilège de pouvoir ainsi y accéder...

Voilà donc un petit florilège de ce qui m'a fait bavé dans la programmation (je vous invite à la regarder en entier, ceci dit):

L'Ile du Docteur Moreau, Earl C. Kenton:
Le grand classique du film d'horreur avec l'immense Charles Laughton, grand acteur britannique et réalisateur de son unique film, mais chef d'Œuvre intemporel La nuit du chasseur.
J'avais envie de voir ce film complètement déjanté sur grand écran. L'histoire, vous la connaissez sûrement, c'est celle d'un savant fou qui habite une île peuplée de créatures étranges et hybrides de sa propre invention, son propre petit véritable freak show. Ah oui, et à la base, c'est tiré de H.G. Wells.
Au générique, on retrouve aussi Bela Lugosi et la femme panthère... Si c'est pas du générique qui fait rêver...



Spring, Justin Benson et Aaron Moorhead:

A la bande annonce, j'ai craqué sur la magnifique photographie de ce film fantastique et d'épouvante. Une histoire d'amour entre un jeune touriste américain et une Italienne qui semble cacher un secret bien troublant.
Ajoutons que Variety a choisi les deux réalisateurs Justin Benson et Aaron Moorhead, dans la liste des 10 réalisateur à surveiller de près.
Les acteurs sont beaux, le décor somptueux, l'image a l'air impeccable. Je veux le voir!



Shrew's Nest, Juanfer Andres et Estéban Roel

Dans les années 50, sous le Franquisme, une agoraphobe n'a pour contact avec le monde extérieur que sa sœur, jusqu'au jour où un voisin blessé y pénètre...
Shrew's nest, ça signifie le nid de la musaraigne. Vous savez, cette sorte de petite souris qui a l'air toute mignonne, mais qui cache des dents acérés, voire un venin paralysant...
Le titre m'attire donc déjà, ainsi que cette manière de parler d'une période difficile en Espagne. On a d'ailleurs déjà vu que le Franquisme et le cinéma fantastique, ça pouvait faire très bon ménage (Le Labyrinthe de Pan, L'échine du Diable, L'esprit de la ruche).
Et puis c'est produit par Alex de Iglesias, y'a pire comme passeport...



Jin-Roh, la brigade des loups, Hiroyuki Okiura

Un chouette manga d'Hiroyki Okiura scénarisé par rien moins que le vénérable Mamoru Oshii, c'est déjà alléchant. Pour le coup, l'ayant vu à sa sortie en l'an 2000 (oui, je suis une vieille geek, ça arrive à des gens très bien..), je SAIS que ce film est formidable et j'ai très envie de le revoir sur grand écran. Une uchronie belle et douloureuse aux allures de petit chaperon rouge qui questionne la guerre, l'humanité, la vérité. Poétique et badass, réfléchi et violent, un grande œuvre un peu trop oubliée. Merci de le remettre en valeur de la plus belle façon qui soit, dans une salle aussi noire que le propos du film.



Blind, Eskil Vogt

Un film suédois sur une femme qui perd la vue. A mesure qu'elle s'enfonce dans l'obscurité, elle se met à douter de son époux.
La bande annonce m'a beaucoup impressionnée: une intimité assez troublante, une très belle lumière, un drame qui se noue. L'affiche est simplement sublime. Il faut que je voie ça



The Duke of Burgundy, Peter Strickland

La relation sado masochiste passionnée entre une lépidoptériste (on me dit à l'oreillette que c'est un spécialiste des papillons) et sa femme de chambre.
Il m'a suffit de savoir que c'était réalisé par Peter Strickland, qui avait réalisé le fabuleux Berberian Sound Studio, un hommage délirant au Giallo et à la bande-son hallucinante, pour avoir très envie de le voir, même si l'érotique SM, c'est pas forcément ma tasse de thé.



Goodnight Mommy, Veronica Franz, Severin Fiala

Les films d'horreur, dès que ça touche à l'enfance, et surtout à la peur de l'abandon chez l'enfant, c'est toujours dévastateur, et ça marche sur tout le monde, parce qu'on a tous connu cette trouille là. Et rien que l'annonce dans un supermarché d'un petit Leo qui attend sa maman à l'accueil nous fait frissonner...
Alors imaginez si, après que votre maman vous ait été enlevée pour une opération, vous n'arriviez pas à la reconnaître dans la personne au visage bandé qui semble prendre sa place?
C'est justement le propos de ce film autrichien. Et un pitch pareil, ça me fait déjà frémir d'angoisse...



Tokyo Tribe, Sion Sono

Sûrement le film que j'ai le plus envie de voir. D'abord, c'est le film du clôture du festival, et tous les ans, on nous sert des trucs aussi barrés que géniaux.
Cette année on ne déroge pas à la règle avec "une comédie musicale d'anticipation trash et décomplexée" japonaise qui a l'air de partir dans tous les sens, pour un grand foutoir jouissif.
Je sais pas ce que vous en dites, mais moi, quand j'ai vu la bande-annonce, j'avais un smile jusqu'au oreilles et hâte d'y être.



Alors je sais pas ce que vous avez prévu les lyonnais, mais moi pour Pâques, avec mon lapin blanc en chocolat, et cette sélection de chapeliers toqués, j'hallucine grave!










 
 

 






jeudi 12 mars 2015

Birdman, ça plane pour toi?



Ce film là, depuis que j'avais vu la bande-annonce, j'attendais de le voir avec des fourmillements dans les yeux. Tout me plaisait. D'abord la présence de Mickaël Keaton, que j'adore et qui est malheureusement trop absent, alors qu'il a une palette de jeu incroyable. On le connait surtout pour le meilleur Batman (vous préférez celui qui se prend pour Barry White? Tant pis pour vous. Pour moi, ce sera toujours Mickael Keaton). Mais n'oublions pas que c'est aussi le fabuleux Beetlejuice, les multiples personnages de Mes doubles, ma femme et moi, ou Ray Nicolette dans Jacky Brown. Bref, c'est un p... d'acteur et j'étais ravie de le retrouver dans un premier rôle qui se pose en miroir troublant à sa propre carrière: celui d'un acteur célèbre pour avoir interprété un super-héros qui, après une traversée du désert, décide de se lancer dans une adaptation de Raymond Carver à Broadway.


L'autre promesse, c'était Alejandro Gonzales Inarritu, le réalisateur que je suis depuis son premier long, Amours Chiennes, que j'avais adoré. Inarritu, c'est un cinéaste ambitieux, qui n'hésite pas à être radical, ce qui est parfois formidable (21 grams), mais qui peut parfois être agaçant (Babel). Mais ça reste toujours un réalisateur intéressant. J'avais, de plus, entendu dire qu'il s'était lancé le défi, comme Hitchcock avec La Corde, de réaliser un film en un plan séquence apparent. Et ce genre de défi technique, ça me botte pas mal si c'est bien fait.

La bande annonce était très alléchante: une belle brochette d'acteurs, du rythme, et un pain dans la tronche d'Edward Norton particulièrement jouissif: je trépignais d'impatience.



Et voilà, j'ai enfin vu le fameux Birdman. Le bilan: pas aussi fort que je l'espérais, mais un pas décevant au point de vous refaire le coup d'Interstellar. Je vous explique tout ça.

Déjà, les promesses sont tenues. On commence par Keaton. Le voir sur grand écran, c'est déjà un plaisir immense, parce qu'il nous avait terriblement manqué. Et il est à la hauteur de ce qu'on attend de lui. Parfait. Il fait corps avec ce personnage et ses névroses, et ça fonctionne, on y croit! Il est toujours à la limite d'en faire un petit peu trop, mais comme ça colle parfaitement au personnage, on ne tombe jamais dans le ridicule. Keaton réussit à la perfection ce numéro d'équilibriste.



Le reste du casting est également à saluer. Edward Norton est d'une pédanterie révoltante, Naomi Watts et Amy Ryan d'un manque de confiance en elle pathétique, Lindsay Duncan joue une critique odieuse et la merveilleuse Emma Stone est absolument parfaite en fille paumée mais pas tant que ça.



Au niveau de la réalisation, c'est clair, y'a de l'ambition, et c'est en plus souvent réussi. La caméra se perd dans les couloirs du théâtre comme dans l'hôtel de Shining (eh tu l'as vue la moquette?), suit et laisse les personnages. Elle en devient un en elle-même, une création, comme Birdman, le double superhéros du héros, Riggan Thomson. Inarritu tente tout, se met volontairement des bâtons dans les roues et s'en débarrasse, pour la plupart, sans difficultés: plan séquence, reflets, caméra aérienne, dédoublements...



On a donc au final un film d'une excellente facture, très réussi, qui a sûrement mérité tous ses oscars (même si, à mon goût, Foxcatcher en aurait mérité plus...)

Cependant, je suis restée un peu à côté du film, je ne suis pas rentrée complètement dedans et je crois avoir compris pourquoi.

Les personnages d'abord. Alors oui, je sais que c'est une critique acerbe des milieux du spectacle. Et ça marche. Les personnages, à part celui d'Emma Stone, peut-être, sont des divas insupportables, obnubilés par leur égo, autocentrés au possible, au point de multiplier les je par le jeu. Et la critique fonctionne carrément, parce que vraiment, ces personnages, ils nous font rire, ils nous énervent, on a envie de les baffer et on adore les voir souffrir. Mais y'a un problème: on n'a pas d'empathie pour eux. Mais alors aucune. Et je vous avoue que moi, au bout d'un moment, je m'en tamponnais le coquillard, de ce qu'il pouvait lui arriver, à Riggan Thomson. Alors c'est quand même rigolo de le voir s'en prendre plein la tronche (en particulier lors d'une traversée particulièrement intense de Broadway), mais quand j'ai vu que sa vie était en danger, le summum de ma réaction a dû être un soulèvement subtil de sourcil.

L'autre problème, pour moi, ça a été les dialogues. Ils sont bien écrits, c'est pas le problème. Ou plutôt si, ils sont TROP bien écrits. Je sais qu'on est dans un hommage à Carver et qu'il peut donc y a voir une tentation littéraire (rien que dans le sous-titre "La surprenante vertu de l'ignorance"), mais trop, c'est quand même trop. Alors oui, y'a des mots d'auteur qui piquent juste, on a des personnages qui se la pètent assez pour parler comme dans une pièce de théâtre et débiter continuellement de la tirade. Mais au bout d'un moment, ce qui était un plaisir au début m'a à la longue fatiguée, le verbe est devenu bavardage et j'ai décroché. Ca reste tout de même difficile de croire que des gens, même des gens de théâtre parlent constamment de cette manière. Pour moi, seule Emma Stone avait un personnage assez complexe et humain pour arriver à incarner ces dialogues, et à en faire ressortir une véritable émotion.

D'autant plus que les dialogues comportent souvent un de ces trucs qui me navrent: des personnages qui expliquent ce qu'ils vont faire, pourquoi ils vont le faire, comment ils vont le faire et comment ils se sentent. C'est comme ça que tu parviens, d'un seul et même coup, à perdre facilement 15 minutes de précieux film, et à faire que ton spectateur ait l'impression d'être pris pour un débile...



Enfin, même si je reconnais la virtuosité d'Inarritu, je n'ai pas tout trouvé réussi. L'ambition est louable, mais j'aurait apprécié une intégration 3D plus fluide sur les scènes de vol ou une meilleure post-synchro sur les scènes de miroir. Je sais que c'est pas grand chose face aux prouesses exécutées d'autre part. Mais personnellement, je préfère les mises en scène moins épatantes mais complètement maîtrisée que le baroque, il est vrai attachant, de celle-ci, qui a ses failles. Mais surtout, cette mise en scène un peu outrancière m'a un peu gênée dans le sens où j'y ai vu, chez Inarritu, un soupson de ce qu'il dénonce dans son film: la volonté du spectaculaire et peut-être même la vacuité du pédantisme. C'est peut être, c'est même sûrement voulu. Mais en tant que spectatrice, ça ne m'a pas fait décoller... Dommage!

jeudi 26 février 2015

Des tags et des résultats de concours

Ca y est: les résultats du concours sont tombées et après mélangeage et ploufage (la bonne vieille méthode du am stram gram me sert pratiquement tous les jours) des noms des participantes, je peux vous les annoncer...

Tadaaaam:

La Miss Kikou: lot Classiques Français
Les Eclats de Claire: lot Hollywood

Merci pour tous ces chouettes conseils ciné et de votre participation. C'est reparti pour un an!

Et puis, lentement, mais sûrement, je réponds aux tags de co-blogueuses qui m'ont interrogées.

D'abord, le fameux Liebster award. Pour ceux qui l'auraient oublié, Jade, qui m'a nommée, en rappelle très bien les règles sur sa page. Je les rappelle aussi dans cet article, où vous trouverez déjà les 11 anecdotes me concernant.


Alors voilà Jade, je suis pas une pro du make up, mais je vais tenter de répondre à tes questions:

1. Ta couleur préférée?
En ce moment, c'est sûrement le violet. J'en porte à outrance (si si, c'est possible...)

2. Ton animal préféré?
Mon tigre domestique, une écaille de tortue nommée Siouxsie, qui pourrait bien être l'antéchrist. Elle a l'air vénère en permanence.

Et là encore, c'était dans un bon jour
3. La plus grosse dépense que tu aies faite?
Récemment, un billet d'avion AR pour le Canada

4. Ton plus grand regret?
Mes parents ont refusé que j'aille voir Jeff Buckley en concert en 1996. D'accord, c'était pas à côté, d'accord, personne ne pouvait m'accompagner, d'accord, j'avais 16 ans. Mais quand même!

5.Ta plus grande phobie?
M'ennuyer à mourir (littéralement).

6. Ta couleur de vernis préférée?
Vert émeraude.

7. Ton blog favori?
All mad(e) Here, c'est ma coupine de blog. Elle fait plein de DIY qui tabassent, et elle est toujours de bons conseils quand je suis en quête de nouvelles sensations culturelles.

8. La plus belle pièce de ton dressing?
Une robe trapèze vintage magnifique des années 60, blanche avec un fin liseré rouge en bas, sans manches, avec un col montant.

9. Ton plus grand rêve?
Euh... Pouvoir passer mes journées à regarder des films?

10. Le pire make-up faux-pas pour toi?
Le contour des lèvres marron, sans rouge à lèvres, à concurrence avec le sourcil méga épilé et le fond de teint orange, voire les trois ensemble.

11. Le style vestimentaire pour une femme que tu aimes le moins?
Le jogging molleton-talons aiguille


Et voici mes questions pour les nommés:

1) Quand tu vas au cinéma, quelle est la place où tu préfère t'asseoir?
2) T'es-tu déjà barré au milieu d'une séance. Si oui, pour quel film?
3) Quel est le dernier film que tu es allé voir en salle?
4) Dvd, blueray, VHS ou téléchargement (bouh, pas beau!)?
5) Si tu devais passer une soirée avec un réalisateur, tu choisirais qui?
6) Si on devait faire un film sur ta vie, ce serait lequel?
7) La star de ciné la plus élégante?
8) Le film où tu t'es dis que tu voulais porter toute les fringues de l'héroïne?
9) Le couple d'acteur qui te ferait rêver à l'écran?
10) Qu'est-il arrivé à Baby Jane?

Deuxième tag, celui de La chambre rose et noire, dont j'aime beaucoup l'avis éclairé dans le domaine culturel, qui me demande d'établir "La liste de Ross", soit celle des personnalités que je trouve particulièrement appétissantes:

5. Philip K. Dick: Parce qu'un écrivain, ça peut aussi être mimi...



4. Jack  Black: Parce qu'on ne doit jamais s'ennuyer avec un type pareil et que dès qu'il se met à chanter, y'a clairement un truc qui se passe dans mon ventre...



3. Kurt Russel: Snake Plissken, en fait. C'est juste la classe ultime! Parce qu'on sait toutes, depuis Albator, que le bandeau sur les yeux, c'est l'accessoire idéal



2. Mark Ruffalo: parce que c'est un acteur fabuleux, parce qu'il peut être monstrueusement sexy avec une moustache dans In the Cut ou absolument adorable dans Ma vie Sans Moi. Et parce qu'il ressemble pas mal au numéro 1 de ce classement, mais que lui, au moins, il est toujours vivant.





1. Marlon Brando: La voix, le sourire, le "Stellaaa", le Marcel mouillé de sueur. On a jamais fait plus sexy, on ne fera jamais plus sexy, c'est juste la perfection au masculin.

 
 


Hors concours: Si un jour vous tombez sur le premier long métrage de Richard J. Thomson, un des plus grands auteurs de la série Z française, vous verrez peut-être un militaire sympa qui essaie de faire du kung-fu. Lui, je l'aime bien...

Voilà, les nommées pour l'un ou l'autre des tags, les deux ou aucun sont:

- All mad(e) Here, pour des raisons évoquées au-dessus
- Cam et Drey Bricolent, pour leur DIY bien cools
- SpoilersbyMElo, pour ses chouettes découvertes séries
- Dis-moi Media, pour ses analyses médias percutantes
- La Miss Kikou, aux projets couture haut en couleur
- Curieux Papotages, un blog culturel curieux de tout
- Un Certain Cinéma, à découvrir absolument si vous vous intéressez aux grands classiques du cinéma
- Les éclats de Claire, pour ses mosaïques de malades, ses projets inspirés de films toujours plus fous
- Tea with the Birds, pour ses beaux tricots aux couleurs toujours formidables
- Woot! Helmut!, pour ses beaux projets couture
- Le royaume de Physalis, pour ses astuces récup'

Voilà, bonne journée...

jeudi 19 février 2015

Le concours du Blanniversaire


1 an déjà!



Le temps passe à une vitesse, on se croirait presque dans Interstellar.

Alors voilà, mon petit blog fête son anniversaire: un an de ciné, de bijoux, de tricots et de couture. Un an de salles obscures et d'idées lumineuses (pas souvent de ma part, mais je profite de celles des autres).

Mais aussi un an avec vous, avec des échanges fabuleux, parfois des désaccords enrichissants, des amours partagées. Et du coup, pour vous remercier, je vous dois bien ça, un petit concours...

A gagner, des bijoux à tendance cinéphilique (que vous pouvez aussi retrouver sur ma boutique Little Market)  et, comme je suis d'humeur joyeuse, il y aura 2 gagnants et 2 lots tirés au sort:

- Le lot Classiques français: avec  une bague Le jour se lève et une barrette Le Silence est d'Or.




- Le lot Hollywood: avec la broche Un tramway nommé Désir et la bague The Homesman.















Pour participer, rien de plus simple: Donnez-moi un conseil ciné (argumentez un peu, hein), à voir en salle ou en DVD en commentaire sur cette page. Vous avez jusqu'à dimanche soir...

Bonne chance et bons films!

(PS: Je ne peux qu'envoyer en France Métropolitaine)

lundi 9 février 2015

Discount: un chouette film, ça n'a pas de prix


Encouragée par Filou du chouette blog Baz'art, je suis allée voir le film Discount, qu'il avait chroniqué ici. On n'est souvent pas d'accord sur pas mal de films, mais c'est toujours un plaisir de lire ses articles, et là, j'avoue qu'il avait titillé ma curiosité, parce qu'une référence à Ken Loach, quand même, ça donne envie...

Et bien sur ce coup-là, je vais être complètement solidaire de mon camarade: j'ai beaucoup d'affection pour ce film qui, s'il a quelques défauts, est de ceux que l'on a envie d'aimer d'emblée, parce qu'il met en scène de beaux personnages, une belle histoire et de beaux sentiments. Oui, je sais, en ces temps de cynisme, ça fait "bisounours" de dire qu'on aime les beaux sentiments. Ben moi je m'en moque, je suis gnangnan, utopiste et bien pensante, et quand on me parle de solidarité, ça me fait du bien dans mon petit cœur mauve, voilà!



Alors voilà, Discount, c'est le nom du film, mais aussi celui du supermarché à tout petits prix qui mène la vie dure à ses employés, et même à sa dirigeante. L'arrivée imminente des caisses automatiques ne va rien arranger, menaçant l'emploi de ceux qui seront les plus lents, les plus retors, les moins productifs et les moins corporate... 5 d'entre eux, sentant le vent tourner et ayant de véritables besoins d'argent, décident de détourner de la marchandise pour monter leur épicerie solidaire...


Le film propose ici une critique virulente de la grande distribution, ses méthodes de management, ses gaspillages aujourd'hui remis en question, son usage éhonté de la détresse sociale des gens (employés ou clients). Dit comme ça, ça pourrait sembler manquer de nuance, mais Louis Julien Petit, ne verse pas complètement dans la facilité. Ainsi, le personnage de la directrice, interprété ici par Zabou Breitman, est loin d'être une caricature. On y découvre ici une femme coincée entre les exigences de son enseigne, son ambition et ses scrupules. On y découvre aussi que son quotidien n'est pas aussi rose que ses employés voudraient bien le croire: des heures de travail contraignantes, une vie de famille pas évidente (elle vit avec sa mère qui, décidée à la marier, invite des prétendants "à l'improviste"), des responsabilités élevées. Ici, la machine écrase tout le monde, à tous les échelons, et l'on serre les poings et les dents devant les méthodes qu'elle emploie (fouille au corps par la sécurité, chronométrages, javellisation des denrées jetées...) .


Les personnages, parlons-en. Il suffit d'une scène pour nous présenter les protagonistes et là, c'est fait, on les aime. C'est l'heure de fermeture du supermarché. Dehors, on allume sa clope et on se prépare à rentrer. Dans sa voiture, Christiane (la formidable Corinne Masiero), attend la jeune Emma (Sarah Suco, toute mimi). Elle se moque gentillement de cette dernière, qui essaie de persuader Gilles (Olivier Barthélémy), le beau taciturne, de le raccompagner. De son côté, Alfred (Pascal Demolon), est au téléphone avec son ex-femme et lui explique combien sa fille lui manque. Momo (M'Barek Belkouk, terriblement attachant), jeune immigré algérien, lui propose de lui remonter le moral en l'invitant à voir un match de foot. Ben voilà, ça a suffit à ce que les personnages soient posés, qu'on comprenne leurs relations et aussi à ce qu'on commence à les apprécier. Par la suite, on les voit organiser une petite fête: ils s'amusent, parlent sérieusement, se consolent. On voit la solidarité qui les lie, mais aussi leur rires, leurs jeux de séduction... Et là, pour moi, c'était bon, Louis Julien Petit m'avait dans la poche. Qu'est-ce que vous voulez, moi, des gens qui dansent sur Cambodia de Kim Wilde, je ne peux pas m'empêcher de les aimer.


Les acteurs sont tout simplement parfaits, Corinne Masiero en tête (de mûle), apportent une humanité touchante à chaque scène. Ils sont crédibles du début à la fin, qu'ils soient ou non professionnels. Je retiendrai notamment une scène entre Christiane et Gilles au coin du feu, d'une belle intimité, d'une vérité évidente, douce et drôle, un vrai bonheur de spectateur.



Et puis, il y a ce maître mot du film, la solidarité. elle est de tous les instants, et tient complètement le scénario. La solidarité des 5 protagonistes, souvent mise à mal par les évènements, mais aussi celle de toute une communauté qui se retrouve autour de cette épicerie. Et ici, ce n'est pas une valeur vaine. Le film a en effet pu se réaliser grâce à un financement participatif, et la vision de sa bande-annonce sur Allo ciné verse les bénéfices des revenus publicitaire aux restos du cœur. Comme quoi, je suis pas la seule aimer les bons sentiments, et ça donne chaud, par ces températures...

PS: Un grand merci à Philippe pour sa touchante solidarité, justement...


mardi 3 février 2015

Séances de rattrapage: le meilleur



Ce week-end, grâce au festival d'un magazine bien connu, j'en ai profité pour voir deux films que j'avais raté cette année. Petite séance de rattrapage, donc, pour le meilleur et pour le pire. On termine aujourd'hui avec le meilleur.

Dans la cour, Pierre Salvadori

Pierre Salvadori ne sort pas souvent de films. mais à chaque fois, même pour ses films les plus faibles (Hors de prix), on retrouve chez lui la patte de l'auteur de comédie. Parce que oui, s'il y a un truc pour lequel je pense que nous sommes plutôt bons en France, c'est ce que j'appellerai la comédie d'auteur. Je citerai, parmi ces derniers, le duo Jaoui-Bacri, l'autre duo Leclerc-Kasmi (le Nom des gens), les inévitables Podalydes (Denis et Bruno), les outsiders Délépine-Kervern (tiens donc!) ou récemment, Vincent Mariette (Tristesse Club). Leur but? Nous faire rire sans nous prendre pour des idiots, avec de beaux personnages et sans craindre l'émotion ou l'ambition cinématographique. Bref, la comédie française comme je l'aime.

Ben, Salvadori, pour moi, c'est un peu l'orfèvre du genre. Depuis son premier Cible émouvante, j'essaie de suivre sa carrière avec intérêt parce que pour moi, même quand c'est un peu râté, y'a toujours chez lui des personnages formidables, toujours bien interprétés, des dialogues ciselés et mordants, et plein d'émotions, jamais factices. Je reste, par exemple, une fan absolue du film Les Apprentis, avec le parfait tandem Cluzet-Depardieu (Guillaume), une belle histoire de losers magnifiques.


Et bien, cette fois encore, Salvadori a frappé. Dans la cour est une réussite qui, pour moi, est totale.


L'histoire, c'est celle d'Antoine, un musicien. Il fait une sorte de burn-out, et largue tout, du jour au lendemain. Il réussit, presque sur un malentendu, à se faire embaucher comme gardien d'immeuble. Une tanière, une planque s'offre à lui, mais c'est sans compter les rencontres: celle de Lev, le vigile squatteur adepte d'une secte, celle de M. Maillard, architecte procédurier et légèrement parano, celle de Stéphane, ancien Footballeur pro reconverti dans le recel et la vente de vélos et d'autres marchandises plus ou moins licites et surtout, celle de Mathilde, une retraitée borderline qui voit le monde s'écrouler autour d'elle.


Dit comme ça, on a l'impression d'être face à une galerie de portraits ahurissants, mais là où Salvadori réussit un tour de force, c'est qu'on y croit. Tout le long. D'abord parce qu'il a une véritable affection pour tous ses personnages, jusqu'au moins important. Cela se sent, ils débordent tous d'humanité, et on a l'impression de les connaître, de les croiser tous les jours, d'être peut-être l'un d'entre eux.

Sans compter sur les acteurs de génie qui les interprètent. Ici, Gustave Kervern est tout simplement formidable. Il traîne sa dégaine mélancolique et sa fantaisie lunaire au long du film, faisant preuve d'une gentillesse extraordinaire, et est toujours parfaitement juste. Je ne l'aurai jamais imaginé avant, mais en ancien rockeur déprimé, il est complètement crédible. Il est également d'un charme fou lorsqu'on le voit essayer de sortir Mathilde de sa réclusion, et on souffre avec lui de son impossibilité à se rendre au monde. C'est un magnifique homme brisé, un ours pataud au cœur tendre, aux aspirations à la vie déçues.



Et puis bon, y'a Deneuve, quoi. Tout est dit. Cette femme pourrait lire le bottin que ça en serait passionnant. Alors, si en plus on lui donne un personnage d'une profondeur incroyable, d'une détresse désarmante et des répliques qui tuent....


Et puis y'a un truc entre Salvadori et ses acteurs, il arrive toujours à tirer d'eux ce truc à la fois drôle et angoissant, toujours bouleversant, et il sait les choisir pour ça. On se souvient que ces acteurs fétiches ont longtemps été les regrettés Marie Trintignant et Guillaume Depardieu, des clowns aux fêlures profondes, et on comprend pourquoi ici, la tristesse n'est jamais loin du rire.



Parce que le rire, il est définitivement là: voir Catherine Deneuve balancer une poire par la fenêtre d'un réflexe énervé, c'est savoureux. Voir Kervern et Marmai devoir se débrouiller pour reconstruire une maquette détruite, c'est réjouissant. Mais derrière tout cela, il y a une véritable détresse et c'est celle-ci qui justifie tous ces moments bidonnants, qui deviennent alors indispensables.

Et là, je me suis pas cachée: j'ai ri, j'ai pleuré, j'ai pleuré et j'ai ri en même temps, sans avoir l'impression une seconde qu'on venait me tirer tout ça de force. Parce qu'en plus Salvadori est un des ces réalisateurs discrets et délicats, qui ne vous oblige à rien, mais qui sait, tout simplement, vous raconter une belle histoire. Il nous émeut, non pas parce qu'il en fait des tonnes (suivez mon regard...), mais justement parce qu'il fait simple, parce qu'il fait vrai, et qu'il touche, avec modestie, à ce qu'il y a de plus humain.



Un gros, gros coup de cœur pour ce film donc, qui réussit à parler de dépression, le fameux Gros Mot, avec une douceur grave, une lucidité joyeuse pour devenir finalement, un Hymne à la vie poignant.